Karima Fareha, directrice de Geocycle, filiale du groupe Holcim basée au sein de l’usine d’Oggaz à Mascara, dans l’ouest algérien, revient, dans cet entretien accordé à Maghreb Émergent, sur les performances réalisées ces dernières années et dévoile les perspectives de l’entreprise en matière de valorisation et de recyclage des déchets.

ME : Madame Karima Fareha, vous êtes directrice de Geocycle, filiale de l’usine Holcim d’Oggaz. Pouvez-vous nous présenter votre unité et nous dire depuis combien d’années elle est en activité ?
KF:Geocycle est la filiale du groupe Holcim El-Djazaïr dédiée à la valorisation et au traitement des déchets, à travers le co-traitement dans les cimenteries.
Nos unités sont adossées à nos usines Holcim El Djazair et s’appuient sur des installations industrielles existantes, adaptées pour intégrer des déchets comme matières premières ou combustibles alternatifs, en substitution de ressources naturelles et fossiles, ou bien pour une élimination écologique des déchets non valorisables.
Geocycle est active en Algérie depuis bientôt 10 ans, avec une montée en puissance progressive, tant sur le plan technique que réglementaire. Aujourd’hui, nous jouons un rôle clé dans la promotion de l’économie circulaire industrielle et de la décarbonation du secteur cimentier.
ME: Vous avez récemment signé une convention avec le groupe Berrahal pour la valorisation des résidus issus de l’industrie sucrière, auparavant rejetés dans la nature. Pouvez-vous dresser un bilan des conventions déjà signées et nous donner quelques chiffres sur les volumes de déchets recyclés ?
KF: La convention récemment signée avec le groupe Berrahal, pour la valorisation des résidus issus de l’industrie du sucre, s’inscrit dans une dynamique que nous avons engagée depuis plusieurs années : transformer des déchets autrefois rejetés dans la nature en ressources utiles pour l’industrie.
À ce jour, Geocycle a signé plusieurs conventions et partenariats avec des acteurs industriels publics et privés, couvrant différents types de déchets : résidus agro-alimentaires, résidus hydrocarburés, résidus des stations d’épuration des eaux usés, déchets industriels spéciaux et dangereux, résidus métallurgiques, Produits chimiques et pharmaceutiques périmés.
En termes de chiffres, nous parlons de centaines de milliers de tonnes de déchets traités chaque année.
ME : Vous avez mis en avant l’importance de l’utilisation des vases de barrages dans le processus de fabrication du ciment, en remplacement de l’argile. Quels sont les facteurs qui motivent ce choix et y a-t-il des avancées récentes concernant ce projet ?
KF: L’intégration des vases de barrages comme substitut partiel de l’argile dans la fabrication du ciment rentre pleinement dans la stratégie nationale de promouvoir l’économie circulaire et répond à plusieurs enjeux majeurs :
Environnemental : la gestion durable des sédiments contribue au maintien de la capacité de stockage des barrages et limite les impacts écologiques et environnementaux liés aux stockages de ces vases dans la nature qui dépasse à l’échelle nationale le milliards de mètre cube (1,7 mM3).
Économique et industriel : ces vases constituent une matière première alternative locale, réduisant l’exploitation des carrières d’argile et préservant ainsi nos ressources naturelles stratégique : elles s’inscrivent pleinement dans les principes de l’économie circulaire.
Sur ce projet, nous avons enregistré des avancées concrètes sur la valorisation d’environ trois cent milles tonnes de vase sur nos 3 cimenteries dnas un cadre expérimental, notamment grâce à des travaux de recherche menés avec l’université algérienne, qui ont démontré la faisabilité technique et la conformité du produit final.
Nous travaillons actuellement en collaboration avec les autorités concernées, afin de passer à une phase de déploiement plus large.

ME : Geocycle est aujourd’hui considérée comme une référence en matière de valorisation et de recyclage des déchets en Algérie. Quelles sont vos perspectives et priorités pour l’année 2026 ?
KF: Pour 2026, nos priorités sont claires : accélérer la valorisation des déchets à fort potentiel, notamment ceux qui sont aujourd’hui encore stockés ou éliminés sans traitement adéquat ; renforcer le dialogue avec les pouvoirs publics, afin d’adapter et de faire évoluer le cadre réglementaire en faveur de la valorisation et du co-traitement ; développer des partenariats avec les universités et les start-ups, pour encourager l’innovation locale; Contribuer activement à la décarbonation de l’industrie cimentière, en augmentant les taux de substitution matière et énergie.
Notre ambition est que Geocycle continue d’être un catalyseur de solutions durables en Algérie, au service de l’industrie, de l’environnement et des générations futures.


















