L’étudiant marocain Mustapha Meziani meurt en détention après 72 jours de grève de la faim

L’étudiant marocain Mustapha Meziani meurt en détention après 72 jours de grève de la faim
Mustapha Meziani pendant sa meutrière grève de la faim.

Cet article d’Al Huffington Post Algérie fait le point sur la dureté de la répression qui frappe les opposants marocains. Emprisonnés, humiliés en prison et privés de leurs droits élémentaires, certains entament des grèves de la faim fatale. C’est le cas de Mustapha Meziane qui, par cet acte de défi ultime, protestait contre le refus de lui permettre de s’inscrire à l’université.

 

Les opposants au Maroc passent par des mauvais moments. Au lendemain de la condamnation de la militante Wafaa Charaf à une peine d’un an de prison ferme, une nouvelle encore plus tragique est tombée: l’étudiant et militant de gauche Mustapha Meziani est mort mercredi 13 août à Fès. Il décède après une grève de la faim de 72 jours pour protester contre le refus des autorités de lui permettre de s’inscrire à l’université.

L’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), qui avait déjà interpellé les autorités marocaines sur les risques encourus par Mustapha Meziani, les rend responsables de la mort du jeune homme de 31 ans.
Mustapha Meziani était détenu dans le cadre de l’affaire de l’étudiant du PJD, Al-Hasnaoui, tué dans des affrontements entre des groupes d’étudiants islamistes et marxistes.

Le jeune homme, qui considérait sa détention comme une punition pour son activité militante, était en grève de la faim pour protester contre sa détention, son exclusion de l’université et pour réclamer son droit à une réinscription à l’université.

Alors que cette demande n’avait pas été acceptée – aucune annonce en ce sens n’avait été faite -, l’administration pénitentiaire à Fès affirme avoir fait « tout son possible pour le convaincre de cesser sa grève de la faim, en l’informant notamment de la décision concernant sa réinscription à l’Université mais en vain ».

Aucune information n’avait été relevée avant le décès du jeune homme sur cette acceptation de la réinscription qui était un des principaux motifs de sa grève de la faim.

Les militants associatifs s’inquiétaient ces derniers temps des risques graves pesant sur la santé de Meziani qui s’était dégradée. Cela avait conduit à son transfert, le 4 août dernier, au CHU Hassan II de Fès où, selon le communiqué de l’administration pénitentiaire, il avait été placé en réanimation et où, précise-t-elle, il a bénéficié « jusqu’à son décès de plusieurs soins et examens médicaux, dont les frais ont été pris en charge par l’administration de l’établissement pénitentiaire ».

L’AMDH, qui avait adressé une lettre ouverte au Chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, sur la situation « inquiétante que connaissent certaines prisons du pays », avait insisté sur le cas de Meziani et réclamait l’ouverture d’un dialogue avec lui pour « préserver son droit sacré à la vie ».

 

« Négligences et mépris de la vie humaine »

 

Après l’annonce du décès de Meziani, l’AMDH a mis en cause la négligence avec laquelle les institutions de l’Etat, la Chefferie du gouvernement, le ministère de la Justice et l’administration pénitentiaire ont traité les demandes du défunt.

L’AMDH rappelle qu’elle a saisi toutes les instances, y compris le Chef du gouvernement, pour que la demande légitime d’une réinscription à l’université soit acceptée. En vain, indique-t-elle, « comme si la vie humaine ne valait rien chez l’Etat marocain qui prétend adhérer aux droits de l’hommes tel que reconnus universellement ».

Le réseau arabe des droits de l’homme avait, lui aussi, dénoncé, le 5 août dernier, le fait que les autorités marocaines aient négligé l’état de santé de l’étudiant jusqu’à ce qu’il soit emmené en réanimation.

Dans un post sur la page Facebook du Mouvement du 20 février, on fait la liste des toutes dernières mauvaises nouvelles :

« L’étudiant Mustapha Meziani est mort en martyr après 72 jours de grève de la faim ouverte dans les prisons de la honte. La militante Wafaa Charaf a été enlevée et après, on l’a accusée de dénonciation calomnieuse et on l’a condamnée à une année de prison ferme et à 50.000 dirhams d’amende. Le militant févriériste Saïd Ziani ils l’ont arrêté, le soir du lundi 12 août dans la ville de Tanger… Mouad Al Haked est toujours derrière les barreaux et la liste est longue…. C’est vraiment le Maroc lumineux!

 

Un an ferme à Wafaa Charaf pour « dénonciation calomnieuse »

 

L’AMDH avait exprimé auparavant son soutien à la militante Wafaa Charaf, condamnée, le 12 août, par le tribunal de Tanger a un an de prison ferme et à 51.000 dirhams d’amende (5.000 euros) pour dénonciation calomnieuse.

Wafaa Charaf a maintenu au cours du procès ses accusations, faites le 27 avril 2017, d’avoir été enlevée par des policiers en civil et jetée dans une voiture banalisée à la fin d’une manifestation ouvrière.

Wafaa Charaf avait indiqué avoir été séquestrée plusieurs heures, torturée et insultée avant d’être abandonnée au bord d’une route à 12 km du centre-ville.

Pour l’ADMH, les autorités ont transformé une victime en accusée. L’association dit ne pas être surprise par le verdict en rappelant que les « dernières déclarations des ministres marocains de l’Intérieur, M. Hassad, et de la Justice, M. Ramid, qui disent tout mettre en œuvre pour s’attaquer à qui accuserait ‘à tort’ les autorités marocaines de tortures ».

Les autorités, indique l’AMDH, mettent à exécution leurs menaces qui s’étendent aux ONG en s’attaquant « à tout citoyen épris de justice et de liberté qui veut défendre ses droits ». Les avocats de Wafa vont faire appel de ce jugement.

Le 24 juillet dernier, un militant du mouvement du 20 Février, Oussama Housne, a été condamné à trois ans de prison ferme pour « dénonciation calomnieuse et plainte d’un crime qui n’a pas eu lieu ». Oussama Housne, qui est également militant du Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste (PADS), avait dénoncé, dans une vidéo diffusée sur YouTube, un rapt et des actes de tortures commis contre lui par des gens proches du Makhzen.

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