L’ex-ministre saoudien du pétrole Al-Naimi persiste: un prix élevé du baril fera perdre des parts de marché à l’OPEP

L’ex-ministre saoudien du pétrole Al-Naimi persiste: un prix élevé du baril fera perdre des parts de marché à l’OPEP
Ali Al-Naimi, ministre saoudien du pétrole de 1995 à mai 2016 (DR)

 

Ministre saoudien du pétrole de 1995 à mai 2016, Ali Al-Naimi qui vient de publier un livre intitulé « out of the desert » (hors du désert) a défendu sa décision controversée de ne pas baisser la production du pétrole au sein de l’OPEP au nom de la défense des parts de marchés.

  Tout en estimant qu’il faut « laisser l’histoire juger », l’ancien ministre saoudien du pétrole maintient qu’un prix du baril élevé favorisera les producteurs hors-OPEP et fera perdre aux membres de l’OPEP des parts de marché.

Au cours d’un petit déjeuner avec la journaliste du Financial Times, Roula Khalaf il persiste à une dizaine de jour d’une réunion cruciale de l’OPEP à Vienne à penser qu’il a fait le bon choix.

 Ali Al-Naimi dit ne pas comprendre pourquoi les pays de l’OPEP veulent inverser la situation des prix actuels car des « prix élevés vont sûrement augmenter l’offre en brut et l’OPEP va encore perdre des parts de marché ».

 L’ancien ministre saoudien ne s’attend d’ailleurs pas même dans le cas d’une entente sur la mise en œuvre de l’accord d’Alger à un redressement durable des prix du baril. « Quiconque pense que lui ou n’importe quel pays est en mesure de peser sur les prix dans le contexte actuel est complètement fou » a-t-il déclaré.

 Ali Al-Naimi que la décision d’ouvrir les vannes en 2014 ne visait pas à s’attaquer à la production américaine du pétrole de schiste mais défendre les parts de marché de l’Arabie saoudite, une position qu’il juge « absolument correcte ».

 « Je n’ai pas pensé ou dit que nous voulions éliminer [le schiste], j’ai dit que nous ne voulions pas perdre davantage des parts de marché. Et qu’il fallait laisser le marché déterminer le prix ».

 Pour lui, le pétrole à 100 dollars a changé radicalement le marché et a encouragé les nouveaux producteurs dont les coûts étaient plus élevés à s’y installer comme il a alimenté la révolution du schiste américain.

 

 

 Quand le pétrole est bas, l’Arabie saoudite agit

 L’Arabie saoudite aurait été « stupide » de baisser sa production pour que de davantage de production hors OPEP vienne sur le marché. « Nous n’avions pas le choix » explique-t-il.  Au demeurant, Ali Al-Naimi n’est pas loin de penser que la baisse des prix du pétrole est une bonne chose pour l’Arabie saoudite puisqu’elle la pousse à diversifier son économie.

 « Quand les prix du pétrole sont déprimés l’Arabie saoudite agit, quand ils se relèvent, elle se ramollit » dit-il en estimant que ce moment est grave et que la meilleure chose à faire « est de cesser de parler et de commencer à agir ». « Je crois que c’est là où nous en sommes maintenant. Nous commençons à agir » a-t-il ajouté.

 Al Naimi ne doute pas que les combustibles fossiles ont un avenir car la technologie trouvera les moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre sans compter que les énergies renouvelables restent très chères pour les pays en développement.

 L’Arabie saoudite a signé la COP21 mais a été accusé d’avoir tenté de saper les négociations. Al Naimi, lui, estimé qu’il faut attaquer les émissions carbones mais pas les combustibles fossiles. « Nous avons des cerveaux, nous avons la technologie, nous pouvons gérer les émissions « .

 L’ancien ministre a raconté à Roula Khalaf une anecdote au cours d’une conférence où des personnes ont appelé à la fin de l’ère des combustibles fossiles. « J’ai levé la main et j’ai dit : Messiers, je vous ai très bien entendu, je vais retourner dans mon pays et fermer tous nos puits. Il y a eu un tumulte de non, non, non ».

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