Le 1er mars 2026, pendant que le Brent franchissait les 80 dollars sous l’effet des frappes américano-israéliennes contre l’Iran, la Société de Gestion de la Bourse des Valeurs (SGBV) publiait un avis d’un autre ordre. Sur instruction de la Commission d’Organisation et de Surveillance des Opérations de Bourse (COSOB), elle prononçait la suspension de la cotation du titre Moustachir Spa, admis au compartiment de croissance du marché des titres de capital. La décision est entrée en vigueur dès la séance du même jour et demeure en vigueur jusqu’à nouvel ordre.
Le motif invoqué est technique mais révélateur. Moustachir n’avait pas satisfait à l’obligation de désigner et de maintenir un promoteur en bourse, telle que l’impose l’article 49 du Règlement général de la Bourse des valeurs mobilières. Une lacune jugée suffisamment grave pour déclencher une suspension immédiate, conformément à l’article 45 du Décret législatif de 1993 qui régit le fonctionnement du marché.
Un marché occupé à gérer ses propres défaillances
Pendant que le Brent franchissait les 83 dollars le baril sous l’effet de la guerre en Iran, la Bourse d’Alger était occupée à gérer une défaillance réglementaire interne. L’indice DZAIRINDEX a clôturé ce même 1er mars à 3 785,20 points, en repli de 0,05 %, sans la moindre réaction au choc géopolitique qui agitait les places mondiales.
DZAIRINDEX et Brent — une décorrélation totale
24 février — 3 mars 2026Moustachir Spa avait été admis au compartiment croissance, segment censé accueillir des entreprises en développement et dynamiser un marché boursier que ses propres statistiques décrivent comme atone. Ce jour-là, l’ensemble du marché des titres de capital n’a généré que quatre transactions pour une valeur de 7,5 millions de dinars. La suspension d’un titre supplémentaire dans ce contexte de faible liquidité ne fait qu’accentuer la fragilité d’une place financière qui peine à jouer son rôle d’instrument de financement de l’économie nationale.
















