La culture du colza en Algérie…. Empressement inquiétant ! (Contribution)

La culture du colza en Algérie…. Empressement inquiétant ! (Contribution)

Par:Aissa MANSEUR : Consultant en développement agricole

Notre avis sur la culture du colza reste purement technique et ne fait allégeance a aucune considération douteuse et ne défend aucun intérêt si ce n’est celui du développement agricole de notre pays.

Il est tout à fait légitime et essentiel de diversifier la production agricole par l’introduction et le développement de nouvelles spéculations de façon à assurer les besoins nationaux et s’en passer progressivement de l’importation et du fait réduire la facture alimentaire, seulement les choses doivent se faire avec précaution, attention et perception  il est impératif de prendre le temps nécessaire pour en tirer les meilleures conclusions et avoir les résultats les plus clairs et les plus significatifs.

Pour se prononcer sur la réussite ou nom d’une culture dans un milieu donné, il est nécessaire de mettre en place un dispositif expérimental qui s’étale sur plusieurs années. Les stations de recherche et les instituts techniques doivent chapeauter l’opération avant d’inciter les agriculteurs à adhérer au programme à leurs risques et périls. « La déontologie scientifique » suppose des essais répétitifs étalées dans le temps. Tout d’abord, pour sélectionner la semence qui s’adapte aux conditions pédoclimatiques des régions concernées par le développement de la culture, c’est la première étape du processus.

A qui incombe cette situation ?

L’introduction de la culture du colza en Algérie a été faite dans la précipitation, avant même de voir les résultats des premières expériences, on projette déjà à réduire à 30% l’importation de l’huile de table et on parle même de l’exportation ! vous trouvez cela raisonnable Messieurs ! il est à rappeler que la première saison de culture du colza en Algérie a été lancée en 2020 !

Ces derniers jours, des échos font état de grands problèmes rencontrés par les agriculteurs qui ont cultivé cette espèce, notamment dans l’est du pays, on parle même de 900 hectares de colza qui seraient sinistrés, et qui ne pourront pas être récoltées ! On parle de 52 agriculteurs et 7 fermes pilotes qui seraient concernés ! L’argument des semences déficientes est avancé par ces derniers, un des agricultures déclare avoir dépensé un million de dinars pour mettre en place sa culture !

Comment peut-on inciter les agriculteurs à pratiquer une culture qui leurs est complètement inconnue ? Le prix d’achat du quintal de colza fixé à 9 000 DA est alléchant et peut séduire les plus récalcitrants ! Le blé, produit stratégique et essentiel pour notre alimentation et dont l’importation nous coute les yeux de la tête, n’a pas eu ce privilège !

A qui incombe cette situation ? S’il s’agit de semences importées ‘’déficientes’’ comment elles ont été utilisées sans que l’institut technique chargé de l’opération ni les services de contrôle ne se sont rendu compte ?  Cela prouve, sans conteste , que le développement de cette culture n’est pas vraiment pris au sérieux,  la première saison a été lancé et un projet de 3500 ha qu’on a voulu porter à 40 000 ha la saison d’après ! Comment peut-on penser à un tel massacre ! Accroitre de dix fois la superficie réservée à une culture en cours d’expérimentation, si non d’annoncer « à la hâte » des résultats même erronés pour plaire ! Finalement 11 000 ha ont été réservé à cette culture durant la saison en cours, soit 4 fois plus que la saison précédente.

De la précipitation ?

L’enquête diligenté par le ministère de l’agriculture et du développement rural doit éclaircir la situation et les responsables de ’’se laisser aller ‘’ doivent rendre des comptes,  Lorsque  les choses se font dans la précipitation il est tout à fait normal de s’attendre à des mauvaises surprises qui peuvent couter cher !

Selon des échos médiatiques, même les agriculteurs qui ont commencé la moisson se heurte à un grand problème. Ils ne trouvent pas où déposer leurs produits. Il parait que les coopératives de l’OAIC n’ont pas encore ouvert leurs silos pour accueillir la production, ces derniers craignent déjà pour leurs produits en cas de retard dans l’opération de stockage dans les meilleures conditions . Une question se pose également avec insistance: quel sera le sort de cette production une fois récoltée et collectée ? quid des unités de transformation ? ce n’est pas de cette façon qu’on gère un projet stratégique, l’empressement ne peut engendrer que mécontentement !

Nous souhaitons que la stratégie du développement de la culture du colza ‘’ si elle existe’’ soit revue et amendée afin qu’elle puisse donner des résultats satisfaisants à moyen et long terme Nous espérons vraiment réduire significativement la facture alimentaire par le développement effectif et pérenne des diverses espèces et spéculations.

Par:Aissa MANSEUR : Consultant en développement agricole

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