La « dignité avant les avantages insignifiants » : Rahabi secoue le débat sur l’accord franco-algérien de 1968

Dans un contexte politique français tendu, où l’immigration occupe le devant de la scène, Abdelaziz Rahabi, ancien diplomate et ministre algérien de la Communication, a lancé une salve cinglante sur la plateforme X (anciennement Twitter). Son message, aussi bref que percutant, remet en question la pertinence de l’accord franco-algérien de 1968 et appelle à une réévaluation de la position algérienne face aux pressions françaises.

« L’utilité des accords de 1968 qui sont en eux-mêmes une violation et un recul par rapport aux accords d’Évian ? », s’interroge Rahabi, avant d’asséner : « Notre dignité doit être au-dessus des avantages insignifiants. » Cette déclaration incisive intervient dans un climat politique français particulièrement chargé, où l’immigration, et plus spécifiquement les relations avec l’Algérie, cristallisent les tensions.

Le tweet de Rahabi ne se contente pas de questionner la validité d’un accord vieux de plus de cinq décennies ; il met en lumière une dynamique plus profonde des relations franco-algériennes. En qualifiant les avantages de l’accord d’« insignifiants », l’ancien diplomate suggère que le statu quo actuel pourrait être plus préjudiciable que bénéfique pour l’Algérie, remettant ainsi en cause la sagesse conventionnelle qui a longtemps prévalu.

Cette prise de position intervient dans un contexte où le gouvernement français, fraîchement remanié, semble avoir fait de l’immigration – et par extension de l’accord de 1968 avec l’Algérie – son cheval de bataille. Le Premier ministre Michel Barnier et le ministre de l’Intérieur Bruno Le Maire ont tous deux évoqué la nécessité de renégocier cet accord, le jugeant « très favorable à l’Algérie et très défavorable à la France ».

Rahabi invite à une réévaluation complète de la position algérienne

La déclaration de Rahabi met en lumière plusieurs aspects cruciaux du débat. Tout d’abord, elle remet en question la validité historique de l’accord de 1968, le comparant défavorablement aux accords d’Évian de 1962. Cette comparaison suggère une régression dans les relations franco-algériennes plutôt qu’une évolution positive.

Ensuite, en qualifiant les avantages de l’accord d’ « insignifiants », Rahabi invite à une réévaluation complète de la position algérienne. Il suggère que le maintien du statu quo pourrait être plus dommageable que bénéfique pour l’Algérie, remettant ainsi en cause une position longtemps considérée comme acquise.

Enfin, la déclaration de Rahabi critique implicitement l’instrumentalisation de cet accord par la classe politique française, en particulier par l’extrême droite et le gouvernement actuel. En soulignant que l’Algérie est devenue « un sujet central et récurrent de débat en France », il pointe du doigt une tendance inquiétante à utiliser les questions migratoires, et plus spécifiquement les relations avec l’Algérie, comme un levier politique interne

La déclaration de Rahabi transcende le simple commentaire sur la politique intérieure française pour s’ériger en véritable manifeste diplomatique. En opposant la notion de dignité aux « avantages insignifiants », l’ancien ministre esquisse les contours d’un nouveau paradigme dans les relations franco-algériennes.

Cette prise de position audacieuse interpelle simultanément les gouvernements des deux rives de la Méditerranée, les exhortant à repenser leurs interactions, particulièrement dans le domaine sensible de l’immigration.

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