La guerre des clans au pouvoir déclenche une guerre civile au CPP (audio-vidéo)

La guerre des clans au pouvoir déclenche une guerre civile au CPP (audio-vidéo)
Une guerre civile au CPP, résultat collatéral de la guerre des clans au pouvoir

Le premier Café Presse Politique (CPP) de Radio M, en ce mois de ramadhan, a donné lieu à une vraie bataille rangée. Pas à cause du jeûne, mais à cause des ministres opposés au président Bouteflika, de ceux qui jouent au foot, et d’un chef de parti qui se découvre un « frère Toufik ».

 

Si Amar Ghoul prétend jouer au football avec Toufik Mediène, le CPP joue au ping-pong avec les porte-paroles du pouvoir. Au Café presse Politique de Radio M, de mercredi 24 juin, il était en effet fortement question de ces répliques que se renvoient, comme des balles de tennis, les mêmes joueurs qui gravitent autour du pouvoir, et qui ont lancé ce que Adlène Meddi a qualifié de grande opération de « démystification » du patron du DRS, le général Toufik Mediène. En tous les cas, « on voit plus Gaïd Salah (le chef d’état-major de l’armée) et Toufik Mediène que le président Bouteflika. Ça préfigure quoi ? Un départ » du patron du DRS, se demande Adlène Meddi.

Abed Charef note une tendance affirmée à transformer Toufik Mediène en un mortel. Le grand public ne connait pas son visage, et Hocine Malti, ancien haut responsable, l’a carrément surnommé « rab edzaïr » (le Dieu de l’Algérie). Aujourd’hui, Amar Ghoul parle de lui comme d’un joueur de football, et le patron du RND Ahmed Ouyahia évoque de manière anodine « al akh Toufik » (le frère Toufik), ce qui semble mettre fin à une ère où il tenait « son ancien rôle de héros masqué derrière le rideau, pour devenir un simple humain ».

Abed Charef relève dans la foulée que le chef d’état-major de l’armée est baptisé « aammi Salah » (oncle Salah) par Amar Ghoul, ce qui évoque « la tribu, ou le quartier, la houma, mais certainement pas l’Etat et la république ».

Le mythe Toufik Mediène

Ces sorties sont-elles anodines ? demande Khaled Drareni, l’animateur du talk-show. « Impossible », répond Abed Charef, qui s’étonne seulement que Toufik Mediène, qui a réussi à entourer son personnage d’un halo de mystère, jusqu’à devenir « un personnage de roman », selon la formule de Adllène Meddi, puisse avoir recours à des hommes comme Amar Ghoul comme porte-parole. C’est parce que « le vivier s’est tari », souligne Saïd Djaafar, qui insiste toutefois sur la signification de toutes ces sorties. «Le message le plus évident, c’est qu’il n’y a pas de conflit entre oncle Salah et frère Toufik, et que Saïd Bouteflika n’est pas candidat pour la succession », dit-il. Pour lui, « le passage du pouvoir à l’informel » provoque ce passage de l’institutionnel à des relations personnelles, claniques ou tribales, où un ministre parle de « oncle Salah » au lieu du « vice-ministre de la défense».

El-Kadi Ihsane ne partage pas le point de vue sur un clan présidentiel apaisé. Pour lui, c’est toujours la guerre, avec deux chefs de file, précisément « ammi Salah et el akh Toufik ». Guerre ou pas guerre ? La question a failli déclencher une guerre au CPP. Adlène Meddi préfère parler de « consensus fragile, une trêve à défaut de mieux ». Abed Charef parle d’un nouveau deal, basé sur « des intérêts », non sur des éléments affectifs, mais El-Kadi Ihsane persiste et signe, qualifiant ce que dit Abed Charef de «fiction».

Pas de « moment Sidi Saïd » au procès Khalifa

Autre sujet, le verdict de l’affaire, où Abdelmoumène Khalifa s’est vu infliger une peine de dix-huit ans de prison. Le procès a-t-il donné lieu  à un deal, insiste Khaled Drareni ? Non, ont répondu de manière unanime les participants au CPP, si un deal signifie une négociation directe et un accord. Le juge a admis qu’il n’y avait pas volonté criminelle dès la création de la banque, relève El-Kadi Ihsane. Khalifa avait un choix, soit il se lance dans « un procès de rupture, et il le paie cher, soit il fait le dos rond, il ne fait pas de vague ; ce fut son choix. Il a accepté la partie et s’en sort bien », commente Saïd Djaafar, pour qui « on est dans une histoire de famille ».

Abdelmoumène Khalifa sortira-t-il avant l’épuisement de sa peine de 18 ans, demande Khaled Drareni. « Très certainement », estime Abed Charef, et Saïd Djaafar pronostique qu’il lancera une banque…

El-Kadi Ihsane et Abed Charef émettent deux remarques sur le procès Khalifa. En 2007, il y a eu deux grands moments, rappelle El-Kadi Ihsane : « le moment Sidi Saïd », patron de l’UGTA, qui a fait perdre aux travailleurs 12 milliards de dinars par le biais d’un faux reconnu en écriture ; et « le moment Mourad Medelci », ministre des finances au moment des faits, qui avait reconnu avoir été saisi et n’avoir pas réagi. Les deux hommes n’étaient pas présents au procès de 2015, ce qui est un recul évident de la justice.

Abed Charef affirme de son côté que le procès le gêne. « D’un côté, on se débarrasse de cette histoire, avec les mots corruption, Khalifa, scandale », et d’un autre côté, « c’est un procès biaisé », qui montre que « l’Algérie est encore incapable de rendre la justice ».

Discorde

Autre sujet de discorde, l’attitude du gouvernement face à la crise financière. Hassan Haddouche présente un état des lieux, avec un déficit probable de la balance des paiements allant de 25 à 30 milliards de dollars en 2015, selon les projections établies à partir du bilan des cinq premiers mois de l’année. Il estime que la légère réduction des importations (-10%) résulte plus de facteurs externes, comme la hausse du dollar, plutôt que de l’action du gouvernement.

Il soutient aussi que certains membres du gouvernement tentent de contourner les « lignes rouges » imposées par le président Bouteflika, et tentent d’en atténuer les effets. Il est soutenu par El-Kadi Ihsane pour qui certains membres du gouvernement sont contraints d’agir « discrètement » pour éviter au pays de sombrer. Saïd Djaafar rappelle la formule selon laquelle il y a des ministres mais pas de gouvernement, et Abed Charef estime que ces ministres ont été nommés pour appliquer la politique du président Bouteflika, pas pour la contourner. « Il ne faut pas vendre des illusions », dit-il. Pour lui, les mesures du gouvernement pour faire face à la crise, c’est « Sellal et benkhelfa armés de deux pelles et essayant de contenir un tsunami ».

Extraits vidéo: https://algeriefocus.com/bit.ly/1HjvIic

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