« La rue s’est imposée comme un acteur de la vie publique » (chercheur)

« La rue s’est imposée comme un acteur de la vie publique » (chercheur)
Consultant en géopolitique et relations internationales, chercheur associé à l’IRIS (Institut de recherches internationales et stratégiques) à Paris, Brahim Oumansour estime qu’un retrait de la candidature du président Abdelaziz Bouteflika n’est pas à écarter, dans un contexte marqué par des manifestations grandioses d’Algériens contre un cinquième mandat.

 Dans un entretien au journal économique français L’Opinion, paru ce mercredi, le chercheur échafaude différents scénarios avant dimanche 3 mars, date limite du dépôt des candidatures officielles. « Le régime peut choisir une logique de défiance, en maintenant cette candidature et en organisant des contre-manifestations. Une solution plus sage serait que l’entourage du président le désiste de sa candidature. Ce n’est pas exclu, car la rue s’est imposée comme un acteur de la vie publique. On peut imaginer un report des élections du 18 avril, avec la mise en place d’une conférence nationale de transition », a-t-il dit. Selon lui, les manifestations actuelles sont des démonstrations de force, qui dénotent d’une maturité politique chez les manifestants. « Ce ne sont pas des émeutes », précise ce  spécialiste du Maghreb.

Sur l’éventualité d’un remplaçant en cas de défection du président-candidat, le chercheur affirme qu’il est impossible de le dire, car les critères de sélection ne sont connus. « Si un nom a déjà été choisi, c’est un secret très bien gardé ! Il faut comprendre que nous sommes face à un jeu politique fermé, avec un système de cooptation très limité, qui ne permet pas le renouvellement générationnel ou l’émergence de nouvelles formations politiques. Ce que l’on observe, c’est que peu de personnalités ont la carrure d’un chef de l’Etat. Un projet de transition politique s’impose », soutient Brahim Oumansour.

Le chercheur dresse un tableau très pessimiste de la situation économique du pays. Elle reste fragile à cause de la dépendance aux hydrocarbures. « Dans le secteur productif et les infrastructures, il y a bien des investissements mais la progression est très lente. La baisse du prix du pétrole à partir de 2014 a fragilisé le pays, mais moins qu’on ne le redoutait. Toutefois l’Algérie reste à la merci d’un scénario pessimiste, en cas de récession mondiale et d’une chute du prix du baril », relève-t-il.

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