« La suppression des subventions est une question sensible et nécessite un débat national » ( Benkhalfa)

« La suppression des subventions est une question sensible et nécessite un débat national » ( Benkhalfa)

 

Avec le ciblage, l’Algérie peut faire jusqu’à 70% d’économie sur les 1700 milliards DA dédiés aux subventions, selon l’ex-ministre des Finances. 

 

La suppression des subventions sur certains produits ou services nécessite un débat national vu son caractère sensible. Il faut aussi faire intervenir tous les acteurs de l’économie nationale et toutes les parties de la société pour pouvoir s’exprimer, a déclaré dimanche l’ancien ministre des Finances et expert financier, AbderahmaneBenkhalfa, sur la radio nationale.

Pour garantir le caractère social de l’Etat, Benkhalfa souligne qu’il y a trois séries de mesures que les pouvoir publics doivent prendre en considération. « Il ne faut pas toucher les secteurs régaliens, la gratuité de l’éducation, de la santé et de l’université, car cela est une option politique que le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, insiste. En deuxième lieu, il faut que l’investissement public augmente pour renforcer le marché de l’emploi, qui est déjà soutenu. Il faut aussi cesser d’être timide vis-à-vis de l’investissement direct étranger (IDE) qui peut apporter beaucoup à l’économie nationale. En troisième lieu, il faut instaurer un filet de compensation pour protéger les plus diminués et qui pourrait toucher 9 à 10 millions d’Algériens qui ont un revenu moyen ou faible », a indiqué l’ancien ministre des finances.

Pour concilier entre l’efficacité économique et la justice sociale, Abderrahmane Benkhalfa pense qu’un agenda doit être instauré pour définir les priorités. « Il faut un recul progressif sur les subventions bien calculé et l’instauration d’un agenda est important et ne doit pas changer avec la conjoncture. Quand le gouvernement décide sur une durée, celle-ci ne doit pas être changée. Cet agenda doit constituer un contenu bien étudié et un mur de protection des populations qui ont des revenus faibles ». Et d’ajouter qu’il faut « une gestion active de ce système, même si c’est nécessaire de faire intervenir des entreprises privées ».

Peut-on changer la gestion du budget de l’Etat ?

Sur une question sur une possibilité de toucher dépenses de l’Etat, l’expert financier a souligné que le budget de fonctionnement de l’Etat qui s’est stabilisé à 4000 milliards de DA depuis quatre ans (LF 2015) et « le budget de l’équipement qui a changé, tant mieux, parce que cela fait travailler les algériens. Ce qu’il faut, c’est faire des économies sur le budget de fonctionnement et enlevant certaines subventions on pourra peut-être ensuite augmenter progressivement certains salaires », et il y a également « une économie à faire parallèlement et une redistribution de l’autre côté, au lieu d’avoir un système de subvention qui touche tout le monde ».

A propos des économies que le pays peut faire en supprimant le système des subventions, Abderrahmane Benkhalfa a déclaré que « selon certain pays qui ont appliqué cela et le retour de leur expérience, l’Algérie peut faire jusqu’à 70% d’économie sur les 1700 milliards DA dédiés à cela, mais cela doit être accompagné un ciblage fin ». Et d’ajouter que cela peut aboutir à des ajustements salariaux sous forme de compensation sans tout de même avoir un déficit budgétaire. 

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