La Tunisie s’apprête à engager une réforme importante de sa réglementation financière avec l’examen d’un nouveau Code des changes, destiné à moderniser le cadre juridique régissant les transactions en devises et à l’adapter aux évolutions de l’économie numérique.
Selon Maher Ktari, président de la commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple, cité par des médias tunisiens, le projet de loi, déposé au Parlement depuis octobre 2025, doit entrer dans une phase d’auditions parlementaires impliquant experts, acteurs financiers et différentes parties prenantes en Tunisie et à l’étranger.
Selon lui, cette réforme vise à adapter la législation aux transformations économiques et technologiques récentes, notamment la digitalisation des échanges et l’essor de nouvelles formes de finance.
Ouverture plus large aux devises
Le futur code devrait consacrer le droit pour les Tunisiens résidents de détenir des devises étrangères. Il prévoit également d’autoriser l’ouverture de comptes en devises sans autorisation préalable de la Banque centrale, ce qui constituerait un assouplissement notable du régime de change.
Cette mesure pourrait faciliter les transactions internationales et encourager l’entrée de revenus en monnaie étrangère, notamment ceux générés par les jeunes travaillant à distance pour des plateformes internationales.
Intégration des crypto-actifs et de l’économie numérique
Le projet inclut également l’intégration des crypto-actifs et des plateformes numériques dans le cadre légal tunisien. L’objectif est d’adapter la réglementation aux nouvelles formes d’échanges financiers et aux mutations technologiques qui transforment l’économie mondiale.
Simplification administrative et attractivité économique
La réforme prévoit par ailleurs de réduire les procédures et autorisations administratives liées aux opérations de change. « Cette simplification vise à rendre l’environnement économique plus favorable aux investisseurs et à améliorer l’attractivité du pays pour les capitaux étrangers » indiquent la même source.
Le futur Code des changes devrait concerner l’ensemble des acteurs économiques, qu’il s’agisse des particuliers, des étudiants, des résidents et non-résidents ou encore des entreprises exportatrices.
Une ouverture progressive de l’économie
Pour les autorités tunisiennes, cette réforme s’inscrit dans une stratégie d’ouverture progressive et maîtrisée de l’économie. Elle vise à renforcer les perspectives d’investissement tout en tenant compte des réalités d’une génération de travailleurs évoluant dans un environnement économique mondialisé.
















