La tutelle du ministre remet-elle en cause l’existence même de l’ANIRA ?

La tutelle du ministre remet-elle en cause l’existence même de l’ANIRA ?

À quoi bon avoir mis en place une instance de régulation indépendante si le ministre de la Communication se positionne comme son substitut et court-circuite ses prérogatives ?

Une fois de plus, les agissements du ministre de la Communication, Mohamed Laagab, soulèvent la question de l’utilité même de l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel (ANIRA). En convoquant les directeurs de l’ensemble des chaînes de télévision pour une réunion portant sur leurs programmations durant le mois de Ramadan, M. Laâgab semble tout simplement s’accaparer les prérogatives dévolues à l’ANIRA.

Selon le communiqué ministériel, cette convocation fait suite à un présumé “non-respect” par certaines chaînes des directives du ministre et de l’autorité de régulation concernant les programmes et la publicité du Ramadan. Pourtant, l’ANIRA a été créée justement dans le but d’être l’instance indépendante légalement mandatée pour émettre ce type d’injonctions sur le paysage audiovisuel.

Dès lors, n’y a-t-il pas redondance à maintenir une autorité de régulation indépendante si le ministre de tutelle décide lui-même de convoquer les médias et leur dicter ses directives ? Cette immixtion remet en cause la raison d’être même de l’ANIRA et crée un précédent inquiétant d’ingérence gouvernementale directe dans la régulation des médias.

Le même constat peut être dressé concernant la convocation du directeur d’Echorouk pour s’expliquer sur un feuilleton, sur la base d’un jugement d’une “commission de veille” créée par le ministère. Une nouvelle fois, le ministre outrepasse les compétences de l’ANIRA, pourtant seule habilitée légalement à se prononcer sur la conformité des contenus diffusés.

Face à de tels agissements, on peut légitimement s’interroger : à quoi bon avoir mis en place une instance de régulation indépendante si le ministre de la Communication se positionne comme son substitut et court-circuite ses prérogatives ? Ce déni de l’indépendance de l’ANIRA remet en cause les principes fondamentaux de pluralisme et de liberté d’expression dans les médias.

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