En ce début d’année 2026, le paysage des migrations internationales traverse une zone de fortes turbulences. L’etude du sociologue, le Dr Mohamed Saib Musette, publié sur son compte LinkedIn, dresse un constat sans concession sur une mobilité en pleine mutation, notamment pour l’Algérie.
Un monde qui se referme
Se referant aux dernières données de l’OCDE, Dr musette signale la chute des migrations régulières de 4 % à l’échelle mondiale. Un déclin particulièrement visible dans la mobilité étudiante, selon lui. Des destinations autrefois prisées comme le Canada (-39 %) ou l’Australie (-22 %) affichent des baisses drastiques, tandis que l’immigration économique a reculé de 21 % en 2024.
Le sociologue évoque un autre indicateur qui contribue à la configuration des migrants réguliers. « La naturalisation dans les pays d’accueil permet aux migrants de bénéficier des mêmes droits que les citoyens », dit-il. Le nombre de naturalisés en Europe s’élève à plus d’un million en 2023, la majorité d’entre eux en Allemagne, en Espagne et en Italie.
Pourtant, malgré ce verrouillage, le désir d’ailleurs ne faiblit pas en Algérie : plus de deux millions d’Algériens inscrits aux services consulaires – ils étaient 1,8 million en 2024 –, selon l’organisation onusienne qui collecte les données sur les migrants, l’UNDESA. En 2023, Eurostat a enregistré 16 184 Algériens qui ont acquis la nationalité des pays d’accueil, 70% d’entre eux ayant obtenu la nationalité française.
La féminisation : le nouveau défi algérien
L’etude met en lumière un phénomène inédit observé en 2025 : la féminisation croissante de l’émigration algérienne, une tendance singulière au sein du Maghreb qui interpelle les analystes. Parallèlement, l’Algérie continue de voir ses talents s’exiler. La fuite des cerveaux reste persistante, avec une moyenne de 175 médecins diplômés quittant le pays chaque année vers la zone OCDE.
La France demeure le premier port d’attache, accueillant plus de la moitié des 48 454 Algériens admis pour la première fois dans l’UE en 2024, principalement pour des motifs de regroupement familial.
En ce qui concerne l’immigration clandestine, la situation en Méditerranée reste alarmante. En 2025, les tentatives de traversées maritimes depuis l’Algérie ont augmenté de 12 %, selon l etude de Dr Mohamed Musette. Le prix à payer est tragique : 69 personnes ont été déclarées mortes ou disparues en mer l’année dernière.
Face à cette précarité, les autorités algériennes prévoient un tournant humanitaire pour 2026. Des mesures exceptionnelles de régularisation sont envisagées pour faciliter le retour volontaire des Algériens en situation vulnérable à l’étranger.
L’Algérie, une terre d’accueil paradoxale
À l’inverse, l’Algérie peine à attirer les étrangers, qui ne représentent que 0,6 % de sa population résidente, majoritairement composée de réfugiés sahraouis, palestiniens et syriens. Le nombre de travailleurs étrangers a d’ailleurs été divisé par cinq depuis 2016, selon la meme source.
Cependant, 2026 pourrait marquer un tournant législatif. « Le pays cherche désormais à inverser la vapeur en lançant de nouveaux dispositifs pour attirer des professionnels de santé et des étudiants internationaux » explique Dr Musette. Pour gérer les flux migratoires irréguliers en provenance d’Afrique subsaharienne, qui ont mené à l’interception de plus de 24 000 personnes en 2025, Alger renforce également sa coopération avec des organismes onusiens comme l’OIM.
















