L’Italie et l’Algérie ne veulent plus se limiter aux hydrocarbures. La rencontre organisée le 2 février à Turin entre Stellantis Algérie et les industriels du Piémont en est la preuve : les deux pays cherchent à étoffer une relation longtemps cantonnée au gaz et au pétrole.
C’est dans ce contexte que l’ambassadeur d’Algérie en Italie, Mohamed Khelifi, a adressé un message aux entreprises italiennes : le marché algérien est ouvert, structuré et prêt à accueillir de nouveaux partenariats.
S’exprimant en marge de la rencontre “Stellantis Algérie rencontre les entreprises turinoises”, organisée à l’Union industrielle de Turin, l’ambassadeur a insisté sur le caractère stratégique de cette initiative. Selon lui, cette réunion s’inscrit dans “une stratégie plus large de diversification de l’économie algérienne”, visant à élargir la coopération avec l’Italie au-delà du seul pilier énergétique.
Mohamed Khelifi, cité par l’agence italienne Nova, a souligné que “la priorité aujourd’hui est de renforcer les liens industriels et de production”, rappelant que l’Algérie développe des partenariats structurés dans “l’agriculture, l’éducation, l’industrie manufacturière et l’automobile”, tout en poursuivant ses projets dans les énergies renouvelables. À l’adresse des équipementiers piémontais, le message est sans ambiguïté : “Il existe des opportunités concrètes et immédiatement accessibles pour les entreprises italiennes intéressées par le marché algérien.”
Foncier, fiscalité, énergie : l’arsenal incitatif algérien
L’ambassadeur a mis en avant un environnement d’investissement en nette amélioration, estimant que “les indicateurs économiques sont positifs” et que l’Algérie offre “un marché stable et en croissance”. Il a surtout insisté sur le traitement réservé aux partenaires italiens : “Les entreprises italiennes bénéficient d’une attention particulière de la part des autorités algériennes”.
Parmi les leviers cités figurent “l’accès au foncier industriel”, “les allégements fiscaux”, “les exonérations” et “des solutions de financement dédiées aux projets industriels”. À ces mesures s’ajoutent des avantages structurels : « le faible coût de l’énergie », « une main-d’œuvre compétitive et disponible » ainsi que « de vastes zones industrielles prêtes à accueillir de nouveaux investissements ».
Mohamed Khelifi a également rappelé la position géographique stratégique de l’Algérie, qu’il décrit comme “un trait d’union naturel entre l’Afrique, le monde arabe et l’Europe”, un atout pour les entreprises cherchant à structurer une présence régionale durable.
Complémentarité, pas concurrence
Sur la question sensible du modèle industriel avec Stellantis, l’ambassadeur a tenu à lever toute ambiguïté. “Il ne s’agit pas de transférer des capacités de production d’Italie vers l’Algérie”, a-t-il affirmé, précisant que l’objectif est “de construire une coopération industrielle équilibrée”.
Selon lui, “l’Italie continuera de développer son industrie, tout comme l’Algérie”, dans une logique de croissance “parallèle et complémentaire”. Loin de toute concurrence frontale, l’ambassadeur anticipe “un écosystème automobile algérien en pleine expansion”, porté par une stratégie industrielle claire et une relation de confiance renforcée avec Rome.
















