Deux décrets présidentiels publiés au Journal officiel n°16 actent la création de deux établissements publics rattachés au secteur économique de l’Armée nationale populaire, dédiés à la fabrication de fibre optique et d’équipements numériques.
Le premier, l’EPIC-EC (Établissement de câblerie), dont le siège est fixé à Réghaïa, est chargé de la conception, de la production et du développement de la fibre optique, des câbles à fibre optique et des composants associés. Le second, l’EPIC-EPMTIC, basé à El Harrach, est dédié à la production de matériel informatique — ordinateurs, serveurs, tablettes, smartphones — ainsi qu’au développement d’équipements réseaux et de logiciels.
Ces deux EPIC disposent de la personnalité morale et de l’autonomie financière, et sont placés sous la tutelle du ministère de la Défense nationale. Les textes autorisent explicitement ces établissements à conclure des partenariats et à prendre des participations dans d’autres sociétés.
Une gouvernance militaire
Le conseil d’administration de chaque établissement est présidé par le ministre de la Défense nationale ou son représentant, et la direction est assurée par un officier général ou supérieur. Le conseil d’administration de l’EPIC-EPMTIC intègre également la direction centrale du numérique de l’armée et le Centre de développement des technologies avancées (CDTA).
La création de ces structures s’inscrit dans le cadre du décret présidentiel n°08-102 du 26 mars 2008. Elle intervient alors que le gouvernement algérien vient d’annoncer que plus de trois millions de foyers sont désormais raccordés à la fibre optique FTTH, dans le cadre d’une stratégie « Tout Fibre » qui vise à couvrir l’ensemble du territoire à l’horizon 2027.
Le même jour, la Stratégie nationale de sécurité des systèmes d’information 2025-2029 a été publiée, avec pour objectif de préserver la souveraineté numérique nationale et de protéger l’infrastructure de l’État.
Objectif affiché : réduire les importations
L’objectif déclaré de l’EPIC-EPMTIC est de réduire la dépendance aux importations technologiques en produisant localement les équipements TIC. Les textes prévoient également la participation de ces établissements à l’effort national de recherche-développement. Les montants des investissements ne sont pas communiqués.
















