Le Brent à 63 dollars : jusqu’où l’Iran fera-t-il monter les prix ?

Le Brent à 63 dollars : jusqu’où l’Iran fera-t-il monter les prix ?
Une torchère sur un site pétrolier. Les prix du brut ont progressé pour la troisième séance consécutive. ©Adobe Stock

Les prix du pétrole ont augmenté pour le troisième jour de suite ce lundi. Les acteurs du marché gardent un œil sur l’Iran, où la situation intérieure fait craindre des difficultés d’approvisionnement. Une tension qui rappelle à quel point le marché pétrolier reste sensible aux soubresauts géopolitiques.

Le baril de Brent, la référence en Europe, valait 63,45 dollars en début de journée, en légère hausse de 0,17 %. Le WTI américain suivait la même tendance, à 59,22 dollars. Ces hausses viennent après une semaine déjà positive où le Brent a pris 4,2 % et le WTI 3,1 % en cinq jours. Vendredi dernier, les deux références avaient terminé la séance en hausse de 2,5 %, confirmant un regain d’intérêt des investisseurs pour l’or noir.

L’Iran au cœur des inquiétudes

Les manifestations qui se multiplient en Iran préoccupent les marchés. Le pays est un gros producteur de pétrole et membre historique de l’OPEP. Chaque fois que la stabilité du régime est remise en question, les opérateurs s’inquiètent pour les exportations iraniennes. Et quand l’offre est menacée, les prix montent mécaniquement.

Washington surveille la situation de près. Donald Trump a plusieurs fois prévenu qu’il n’accepterait pas que la force soit utilisée contre les manifestants. Le président américain n’a pas exclu une intervention si les autorités iraniennes réprimaient violemment les protestations. Une réunion est prévue mardi entre le chef de la Maison-Blanche et ses principaux conseillers pour décider de la marche à suivre face à Téhéran. Les options sur la table n’ont pas été dévoilées, mais le simple fait que cette réunion ait lieu suffit à maintenir la pression sur les cours.

D’autres foyers de tension

L’Iran n’est pas le seul sujet d’inquiétude pour les marchés pétroliers. La guerre entre la Russie et l’Ukraine continue de peser sur les esprits. Certains analystes craignent que le conflit ne s’étende aux infrastructures pétrolières russes, ce qui réduirait encore l’offre mondiale. La Russie reste l’un des plus grands exportateurs de brut au monde, et toute perturbation de sa production aurait des répercussions immédiates sur les prix.

Ces tensions géopolitiques créent un climat d’incertitude que les marchés n’apprécient guère. À chaque nouvelle alerte, les acheteurs se précipitent, ce qui fait grimper les cours.

Des éléments qui freinent la hausse

Pourtant, la hausse reste contenue. Plusieurs facteurs empêchent les prix de s’envoler davantage. D’abord, le Venezuela. Le pays, qui dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, cherche à relancer ses exportations après des années de déclin. Si ces efforts aboutissent, cela ajouterait des barils supplémentaires sur un marché déjà bien fourni.

Ensuite, et surtout, les prévisions pour 2026 ne sont pas favorables aux prix élevés. Les analystes s’attendent à un excédent d’offre cette année. Autrement dit, il y aura plus de pétrole disponible que de demande. Cette perspective pèse sur les cours et incite les investisseurs à la prudence.

Un marché tiraillé

Le marché pétrolier se retrouve donc pris entre deux forces contraires. D’un côté, les tensions géopolitiques en Iran et en Russie font craindre une baisse de l’offre et poussent les prix vers le haut. De l’autre, les fondamentaux du marché, c’est-à-dire l’équilibre entre l’offre et la demande, pointent vers une abondance de brut dans les mois à venir.

Cette situation explique pourquoi les hausses restent modérées. Les investisseurs achètent quand les nouvelles sont mauvaises sur le front géopolitique, mais ils savent aussi que le marché risque d’être excédentaire. Résultat, les prix montent, mais sans excès.

Pour les pays producteurs comme l’Algérie, qui dépendent largement des revenus pétroliers, cette volatilité est à double tranchant. Les tensions actuelles soutiennent les cours à court terme, mais la perspective d’un surplus d’offre en 2026 reste une source d’inquiétude pour les budgets nationaux.

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