L’entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions marque un tournant historique pour le marché de l’emploi en Algérie. Le Journal officiel n° 06, daté du 22 janvier 2026, détaille les nouvelles règles rigoureuses. Le décret exécutif n° 26-87, signé par le Premier ministre Sifi Ghrieb, modifie ainsi en profondeur le dispositif initial lancé en 2022.
Un plafond de deux ans maximum
Depuis sa création, l’allocation chômage permettait aux jeunes de moins de 40 ans de percevoir un revenu stable sans limitation de durée. Cependant, ce modèle de protection sociale permanente est désormais révolu. Le nouveau décret instaure un cadre temporel strict pour rationaliser les dépenses publiques.
Désormais, l’article 7 du texte stipule que l’allocation chômage est versée pour une durée d’une année seulement. Le bénéficiaire dispose d’une unique possibilité de renouvellement de douze mois. Par conséquent, l’État limite dorénavant la perception de cette aide à deux ans maximum. Cette mesure vise à transformer l’aide en un véritable tremplin temporaire vers l’activité plutôt qu’en une rente durable.
Une baisse des bénéficiaires attendue pour décembre 2026
Toutefois, le gouvernement déploie un bouclier social pour éviter une crise immédiate. C’est l’objet de l’article 7 bis, qui introduit une période de transition spécifique pour les millions d’inscrits actuels.
Pour les bénéficiaires ayant déjà cumulé 24 mois d’ancienneté ou plus au 1er janvier 2026, le décret accorde une année supplémentaire de versements. En conséquence, la sortie massive des effectifs n’interviendra qu’en décembre 2026. Cette année de « dernière chance » permet aux services de l’emploi de tenter d’insérer ces profils avant l’arrêt définitif des virements.
Des obligations de recherche de formation durcies
Le décret ne se contente pas de réduire la durée de l’allocation chômage. Il durcit également les engagements du demandeur d’emploi. Pour conserver son droit au versement de 18 000 DA, le bénéficiaire doit désormais faire preuve d’une proactivité totale sous peine de radiation.
D’abord, le chômeur ne peut plus refuser une seule offre d’emploi correspondant à ses qualifications. Auparavant, le système tolérait deux refus. Désormais, un seul rejet entraîne la suppression immédiate du droit. Ensuite, le bénéficiaire doit valider son inscription tous les six mois via la plateforme numérique ou physiquement auprès de l’ANEM.
Enfin, l’accent est mis sur la qualification professionnelle. Le décret oblige chaque bénéficiaire à effectuer une recherche active de formation qualifiante. L’objectif est clair : transformer chaque demandeur d’emploi en un profil employable rapidement.
Pourquoi une telle réforme budgétaire ?
Cette décision répond à une nécessité de rationalisation des finances. Avec un nombre de bénéficiaires dépassant les deux millions, le coût de l’allocation chômage pesait lourdement sur le Trésor public. En limitant la durée, le gouvernement espère accélérer le retour à l’emploi.
Le texte impose également la création d’un fichier national actualisé pour suivre les primo-demandeurs. Ce nouvel outil garantit plus de transparence dans l’orientation vers le secteur économique. En résumé, l’Algérie entame une phase de transition : l’année 2026 sera celle du basculement vers une insertion professionnelle active.
















