Le 31 janvier 2019, les studios de Radio M accueillaient une voix d’une clarté rare : Leïla Shahid. Aux côtés de son amie Wassila Tamzali, elle livrait à El Kadi Ihsane une analyse habitée par l’urgence de l’histoire. Aujourd’hui, alors que nous apprenons sa disparition le 18 février 2026 en France, cet entretien résonne comme un legs intellectuel précieux.
Née à Beyrouth en 1949 au sein d’une lignée de bâtisseurs de la nation palestinienne, Leïla Shahid a transformé l’exil en un combat diplomatique d’une élégance absolue. Anthropologue de formation, elle a forgé son regard sur le terrain, étudiant la résilience des camps de réfugiés avant de porter la voix du Fatah et de l’OLP sur la scène internationale.
Pionnière, elle fut la première femme diplomate palestinienne, marquant de son empreinte l’Irlande, les Pays-Bas et le Danemark. Mais c’est en France (1994-2005), puis auprès de l’Union européenne à Bruxelles (2005-2015), qu’elle s’est imposée comme une figure incontournable de la diplomatie mondiale. Durant deux décennies, elle a été le visage et le verbe de la Palestine en Europe, dénonçant sans relâche l’occupation tout en plaidant pour une paix fondée sur la justice.
Même après sa retraite en 2015, elle n’a jamais cessé de cultiver la mémoire et l’identité de son peuple à travers l’action culturelle. Sa disparition à l’âge de 76 ans laisse un vide immense au sein de la diaspora et parmi les défenseurs des droits humains. En rediffusant cet échange, nous rendons hommage ému à cette « ambassadrice de cœur » dont la ténacité et l’intelligence demeurent des boussoles pour les arpenteurs de la Liberté.
















