Le professeur Mourad Belkhelfa a été nommé ce mercredi, directeur général par intérim du groupe pharmaceutique public Saidal, en remplacement de Nabila Benyeghzer. Cette nomination intervient dans un contexte marqué par une instabilité récurrente à la tête des grandes entreprises publiques algériennes.
Titulaire de plusieurs diplômes en sciences biologiques, dont un master en biotechnologie, Mourad Belkhelfa n’est pas étranger à la maison. Il occupait précédemment les fonctions de conseiller scientifique et chef de projets au sein du groupe Saidal. Son parcours compte également plusieurs postes de responsabilité dans l’enseignement, la recherche et le développement industriel.
Ce profil académique et technique contraste avec la gestion managériale qui prévalait sous la précédente direction, suggérant une possible réorientation vers l’innovation et le développement de nouveaux produits pharmaceutiques.
Des changements à répétition
Cette nomination s’inscrit dans une série de changements à répétition observés ces derniers mois à la tête des entreprises publiques stratégiques. Le cas le plus récent concernait Algérie Télécom, dont le directeur général avait été remplacé dans des circonstances similaires.
Cette instabilité managériale soulève des interrogations sur la gouvernance des entreprises publiques algériennes. Les experts pointent du doigt plusieurs facteurs, dont l’absence de vision stratégique à long terme, des critères de nomination qui privilégient parfois la loyauté politique à la compétence technique, le manque de continuité dans l’exécution des projets de développement et une confusion persistante entre le rôle de l’État actionnaire et celui de l’État régulateur.
Une rotation record chez Saidal
Le groupe pharmaceutique public illustre de manière spectaculaire cette instabilité. Depuis 2023, Saidal a connu cinq directeurs généraux différents : Ouassim Kouidri (d’avril 2023 à février 2025), Abdelouahed Grimes (de février à avril 2025), Yahia Saad-Eddine Naili (d’avril à juillet 2025), Nabila Benyaghzer (de juillet 2025 à janvier 2026), et désormais Mourad Belkhelfa (depuis janvier 2026). Une rotation accélérée qui compromet toute vision stratégique à long terme et empêche la mise en œuvre de réformes structurelles dans un secteur pourtant vital pour la sécurité sanitaire du pays.
















