Le ministre Aoun relègue la voiture au rang de “non-priorité” et invite les Algériens à “l’importer eux-mêmes”

Alors que de nombreux Algériens peinent à se procurer un véhicule neuf à un prix abordable, les récentes déclarations du ministre de l’Industrie, Ali Aoun, ont une nouvelle fois fait L’objet de vives critiques. En qualifiant la voiture de « nécessité, mais pas une priorité” et en invitant les citoyens à importer eux-mêmes leurs véhicules, le membre du gouvernement semble faire preuve d’un décalage inquiétant avec la réalité du terrain.

Pour la majorité des familles algériennes, disposer d’une automobile n’est en effet pas un caprice mais bel et bien une nécessité, que ce soit pour les déplacements professionnels ou les besoins du quotidien. L’idée émise d’une importation individuelle relève donc de la pure utopie financière pour une grande partie de la population.

Au-delà du manque de considération pour les préoccupations légitimes des citoyens, ces propos maladroits du ministre de l’Industrie soulèvent surtout des interrogations sur la feuille de route du gouvernement en matière d’industrie automobile. Alors que des quotas d’importation de véhicules neufs avaient été mis en place par le passé, M. Aoun a balayé ce dispositif d’un revers de main, le qualifiant de simple “création des smasra”.

Une sortie qui tranche avec les ambitions officiellement affichées de développer une filière automobile nationale et qui alimente la confusion générale. Sur le terrain, force est de constater que les modèles de voitures abordables se font particulièrement rares dans les catalogues des concessionnaires, malgré la reprise des importations en 2023. Une situation qui pousse certains professionnels du secteur à devoir licencier, faute de visibilité.

Pendant ce temps, les constructeurs automobiles étrangers ayant manifesté leur intérêt pour s’implanter durablement en Algérie, tels que JAC, Peugeot ou Renault Trucks, attendent toujours le feu vert concret des autorités. Un flou juridique et réglementaire qui freine inévitablement les investissements dans le pays.

Face à ce constat alarmant, les déclarations successives du ministre Aoun, empreintes d’une légèreté et d’un amateurisme déconcertants, en viennent à soulever de sérieux doutes sur la volonté réelle du gouvernement de mettre en place une véritable politique automobile digne de ce nom.

Alors que de nombreux Algériens aspirent légitimement à pouvoir accéder à des véhicules neufs et abordables répondants à leurs besoins essentiels de mobilité, les sorties à l’emporte-pièce du ministre de l’Industrie ne font que nourrir le scepticisme ambiant. Il devient plus que jamais urgent pour l’exécutif de clarifier ses intentions de manière responsable et réaliste, plutôt que de s’enfermer dans un discours déconnecté et contre-productif qui alimente la défiance des citoyens.

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