Les cours du brut poursuivent leur progression jeudi, signant une deuxième séance consécutive de hausse dans un contexte géopolitique particulièrement chargé.
Le baril de Brent pour livraison en avril s’établissait à 70,82 dollars vers 7h49 GMT, en hausse de 0,67%, tandis que le WTI américain pour livraison en mars gagnait 0,64% à 65,61 dollars. Ces chiffres s’inscrivent dans le prolongement d’un rebond spectaculaire enregistré mercredi, où les deux références mondiales avaient bondi de plus de 4%, retrouvant leurs niveaux les plus élevés depuis le 29 janvier.
La volatilité reste de mise dans un contexte marqué par la multiplication des signaux géopolitiques contradictoires.
Entre dialogue et gesticulation militaire
Le facteur déterminant demeure la tension persistante entre Washington et Téhéran. Si la Maison-Blanche a reconnu mercredi avoir enregistré « quelques progrès » lors des pourparlers de Genève sur le dossier nucléaire iranien, tout en prévenant que des divergences subsistaient, les deux parties n’en ont pas moins intensifié leur activité militaire dans la région.
L’Iran a diffusé un avis aux navigants signalant des tirs de missiles prévus dans le sud du pays ce jeudi, tandis que Washington a renforcé sa présence navale à proximité des côtes iraniennes. Le vice-président JD Vance n’a pas exclu que les États-Unis abandonnent la voie diplomatique au profit d’une « autre option ».
C’est dans ce contexte que les analystes de la banque ANZ ont rappelé ce qui constitue le véritable point de vulnérabilité des marchés : le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% de la consommation mondiale de pétrole. Toute perturbation de ce corridor stratégique ferait immédiatement flamber les cours.
La prudence reste de mise
Pour autant, les opérateurs gardent la tête froide. « Les tensions entre Washington et Téhéran restent élevées, mais le consensus est qu’un conflit armé à grande échelle demeure peu probable », tempère Hiroyuki Kikukawa, analyste senior chez Nissan Securities. Il ajoute que Donald Trump lui-même n’a aucun intérêt à voir les prix du brut s’envoler, et que même une action militaire se limiterait vraisemblablement à des frappes aériennes ciblées de courte durée.
Les images satellitaires révèlent par ailleurs que Téhéran a récemment renforcé les installations d’un site militaire sensible, ciblé par Israël en 2024, en le recouvrant d’un bouclier de béton. Un signal supplémentaire que les deux camps continuent de préparer leurs options respectives, en marge des négociations.
L’Ukraine en toile de fond
Les marchés ont également intégré l’échec des négociations de paix russo-ukrainiennes à Genève, qui ont tourné court après seulement deux jours. Le président Volodymyr Zelensky a qualifié les échanges de « difficiles » et accusé Moscou d’entraver les efforts de médiation américains pour mettre fin à un conflit qui dure depuis quatre ans. La perspective d’une résolution rapide s’éloignant, la prime de risque sur les marchés énergétiques n’est pas près de disparaître.
















