Le savoir-faire chinois au service de l’industrie algérienne (Reportage)

image camion chinois
Shacman est en train d’acquérir de grosses parts du marché algérien des poids lourds.

L’Algérie s’est engagée ces dernières années dans un processus de diversification de son économie afin de juguler la crise pétrolière qui a mis à mal ses recettes en devises.

Pour ce faire, elle a fait appel à des investisseurs étrangers, notamment chinois, en les invitant à créer des joint-ventures dans le domaine de l’industrie.

C’est dans ce cadre que l’entreprise Gumei, spécialisée notamment dans les ronds à béton et les profilés d’aluminium, ou encore le constructeur de camions Shacman se sont lancés en Algérie.

Installée dans la zone industrielle de Baba Ali, dans la banlieue sud d’Alger, Gumei illustre la réussite de l’association entre le secteur privé algérien et chinois. Elle dispose de deux usines implantées l’une à proximité de l’autre et emploie environ 900 travailleurs, dont 750 de nationalité algérienne.

L’usine a produit 197.416 tonnes de rond à béton en 2017, tous diamètres confondus, lesquels ont été utilisés pour la construction de logements. Pour ce qui est des profilés d’aluminium, le site de Baba Ali a détenu ces dernières années 40% du marché algérien.

« Le marché algérien des produits métalliques est très porteur. La demande pour nos produits est importante à tel point que nous avons épuisé tous nos stocks. Le BTP est un secteur en pleine extension en Algérie, d’où la demande importante pour les produits métalliques », explique à Xinhua Zhang Chao, responsable de la compagnie.

Issus des machines les plus modernes qui sont conformes aux normes européennes, les profilés d’aluminium sortis de l’usine de Gumei sont prisés par des clients algériens, mais aussi étrangers, assure M. Zhang.

 

« Lors d’une foire internationale, des clients américains sont venus nous voir dans la perspective d’acquérir nos produits, recherchés pour leur qualité », révèle-t-il, ajoutant que « pour ce genre d’opérations à l’international, nous avons les moyens et les capacités pour le faire ».

Evoquant la main-d’œuvre algérienne et la coopération avec les employés algériens, le responsable de Gumei juge que « le travail se passe dans de très bonnes conditions et les cadres chinois de la société offrent des formations de perfectionnement pour le personnel algérien ».

Alors que Gumei s’illustre dans la métallurgie, Shacman est en train d’acquérir de grosses parts du marché algérien des poids lourds. Outre les camions à gros tonnage, l’industriel public chinois, associé au groupe privé algérien Mazouz, fabrique également des mini-trucks de marque Chery en attendant le lancement prochain de lignes de montage de Chery QQ, ainsi que des bus Higer, promet John, patron de l’usine de Sétif (nord-est) du groupe Mazouz.

« Nous faisons en sorte de donner le meilleur de nous-mêmes pour améliorer la qualité de l’industrie en Algérie », indique ce dernier lors d’une visite des lignes de montage actuelles et celles qui le seront prochainement. « Actuellement, on fait sortir des chaînes de montage les camions Shacman et les mini-trucks Chery. Dans les mois à venir, et dès que nous finirons les nouveaux ateliers, nous commencerons le montage des voitures Chery QQ et des bus Higer », fait savoir l’ambitieux patron.

Il est prévu que le groupe Mazouz fasse passer la surface de l’usine de 200.000 m2 à 1,6 million de m2.

Un tel projet permettra d’aligner quinze unités qui se spécialiseront dans la sous-traitance, assurant en parallèle une capacité de production de 5.000 camions Shacman par an, 80.000 Chery (60.000 mini-trucks et 20.000 véhicules de tourisme), ainsi que des bus Higer en fonction de la demande du marché.

En termes de postes, l’usine compte 400 employés, dont 150 chinois. En septembre prochain, ce nombre passera à 800, puis à 1.200 l’an prochain, avant de se stabiliser autour de 1.600 travailleurs, dont quelques cadres chinois.

Outre le marché domestique, le constructeur algéro-chinois vise le marché nord-africain et moyen-oriental.

« Nous comptons en tirer profit de la Zone de libre-échange continentale, à laquelle l’Algérie a adhéré, pour nous ouvrir sur le continent africain », prévoit M. John, tout en ayant la conviction qu’une telle opération passera inéluctablement par la formation du personnel local et le transfert de savoir-faire. D’ailleurs, un centre de formation spécialisé est en cours de construction dans l’enceinte de l’usine.

A l’approche du Sommet de Beijing 2018 du Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA), prévu pour septembre, une coopération bilatérale encore plus étroite est attendue.

Xinhua

 

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