Il n’a fallu que quelques minutes pour que les marchés pétroliers mondiaux s’effondrent. Et quelques minutes de plus pour que Washington reconnaisse que rien de ce qui venait d’être annoncé n’était vrai.
En fin d’après-midi ce mardi, le secrétaire américain à l’Énergie Chris Wright publiait sur X un message affirmant que la marine américaine avait « escorté avec succès » un pétrolier à travers le détroit d’Ormuz, « pour garantir la continuité de l’approvisionnement des marchés mondiaux en pétrole ». Le post a été supprimé dans la foulée. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a aussitôt démenti : « Je peux confirmer que la marine américaine n’a escorté aucun pétrolier ni aucun navire à l’heure actuelle » dans le détroit.
Ormuz, vingt pour cent du pétrole mondial à l’arrêt
La violence de la réaction s’explique par le contexte. Depuis le début des hostilités en Iran et au Moyen-Orient, le trafic dans le détroit d’Ormuz est quasi à l’arrêt. Or ce passage étroit entre l’Iran et la péninsule arabique représente 20% des approvisionnements pétroliers mondiaux. La moindre perspective de rouverture suffit à faire vaciller les cours, à la hausse comme, ce soir, à la baisse. Le Brent, référence internationale, a chuté de plus de 15% en quelques dizaines de minutes pour s’établir à 83,98 dollars le baril vers 18h30. Le WTI américain perdait quant à lui près de 17%, repassant sous les 80 dollars à 78,49 dollars.
Une fausse annonce d’un membre du gouvernement américain, publiée puis effacée en l’espace de quelques minutes, aura donc suffi à provoquer l’une des séances les plus agitées de l’année sur les marchés de l’énergie. La question de savoir comment Chris Wright a pu commettre une telle erreur sur un sujet aussi sensible reste, pour l’heure, sans réponse officielle.
















