Les scènes de forte affluence et les nuits passées par des citoyens algériens devant le consulat d’Espagne à Alger pourraient bientôt appartenir au passé. Depuis ce jeudi, l’administration consulaire exige de nouveau la prise d’un rendez-vous préalable pour toute demande de légalisation de documents, selon des témoignages recueillis sur place.
Ce changement marque un retour en arrière. En novembre 2025, le consulat avait en effet supprimé l’obligation de rendez-vous pour les seules procédures de légalisation, tout en maintenant le système de RDV pour les demandes de visa, qui n’a jamais été modifié. Les documents d’état civil et les casiers judiciaires étaient alors traités selon le principe du « premier arrivé, premier servi ». Ce mode de fonctionnement, jugé suffisant au moment de son adoption, s’est révélé incapable d’absorber l’augmentation soudaine et massive des demandes observée ces dernières semaines.
L’absence de régulation a rapidement provoqué des files d’attente interminables dès l’aube, ainsi que des scènes de bousculade devant la représentation diplomatique. Le média espagnol The Objective, classé à droite radicale, a relayé ces événements avec une forte dose d’exagération, allant jusqu’à évoquer une « tentative d’assaut » contre le consulat. Les témoins présents sur place contestent cette version et parlent plutôt d’une agitation due à l’épuisement des demandeurs et à un dispositif devenu totalement insuffisant face à l’afflux.
Un afflux exceptionnel lié au plan de régularisation espagnol
La situation a pris une tournure diplomatique. Selon The Objective, le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué le nouvel ambassadeur d’Espagne, Ramiro Fernández-Bachiller, afin de lui faire part des conditions difficiles rencontrées par les citoyens algériens.
L’afflux massif observé s’explique par l’annonce du gouvernement espagnol d’un plan de régularisation extraordinaire visant 500 000 migrants, dont potentiellement plus de 17 000 Algériens. En Espagne, de nombreux résidents se sont rendus dans leurs consulats pour établir des procurations nécessaires à leurs dossiers. En Algérie, leurs proches se sont précipités au consulat d’Alger pour faire légaliser les casiers judiciaires et les documents d’état civil exigés. La suppression du système de rendez-vous pour les légalisations, combinée à cette demande exceptionnelle, a créé un engorgement sans précédent.
Une procédure encadrée
Pour mettre fin à la situation de désordre et de tension, le consulat a rétabli l’ancienne procédure. Toute personne souhaitant faire légaliser un acte de naissance, un casier judiciaire ou une procuration doit désormais envoyer un courriel à l’adresse officielle cog.argel.leg@maec.es. Le message doit contenir une copie de la pièce d’identité du demandeur ainsi que des documents à traiter. Le rendez-vous est ensuite confirmé par retour de mail, et l’accueil au guichet s’effectue selon les horaires habituels, entre 08 h 30 et 10 h 30.
Ce retour au système de rendez-vous s’inscrit dans le contexte du plan de régularisation lancé fin janvier 2026 par le Premier ministre Pedro Sánchez. Le dispositif permet aux étrangers présents en Espagne avant le 31 décembre 2025 d’obtenir une autorisation de séjour et de travail d’un an, à condition de présenter un casier judiciaire récent. Cette exigence laisse présager une pression durable sur les services de légalisation du consulat d’Alger. Le rétablissement du protocole de rendez-vous apparaît ainsi comme une mesure indis
















