Washington et Rabat renforcent leur coopération minière au large du Sahara occidental. Selon l’ONG WSRW, ce partenariat sur les métaux stratégiques contourne la jurisprudence européenne et menace l’équilibre géopolitique de la région.
“Les États-Unis lorgnent les minéraux stratégiques du Sahara occidental occupé.” L’alerte est donnée par l’ONG Western Sahara Resource Watch (wsrw.org), qui dénonce sur son site un accord stratégique entre Washington et Rabat susceptible d’ouvrir la voie à l’exploitation de ressources critiques du territoire « sans le consentement du peuple sahraoui » et en violation du droit international.
Selon WSRW, le protocole d’accord signé le 4 février entre le Maroc et les États-Unis sur l’exploration et l’extraction de minéraux critiques couvrirait des zones maritimes incluant de fait les eaux du Sahara occidental. Bien que le texte ne mentionne pas explicitement le territoire, plusieurs médias espagnols cités par l’ONG affirment que les périmètres visés englobent les monts sous-marins riches en métaux stratégiques, dont le mont Tropique. Ce dernier est réputé pour ses concentrations exceptionnelles de tellure, cobalt, manganèse et autres métaux essentiels aux technologies de pointe.
La France aussi
L’organisation rappelle que le Sahara occidental est reconnu par l’ONU comme un territoire non autonome, distinct du Maroc. Elle souligne que cette exploitation contredit la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) qui, dans ses arrêts de 2016 et 2021, a réaffirmé le statut « séparé et distinct » du territoire et l’obligation d’obtenir le consentement du peuple sahraoui pour toute activité économique. « L’accord USA — Maroc risque de normaliser l’exploitation illégale des ressources du territoire », avertit WSRW.
L’enjeu est d’autant plus sensible que Washington cherche à sécuriser des chaînes d’approvisionnement en métaux critiques pour la transition énergétique, l’industrie de défense et les technologies avancées, dans un contexte de rivalité stratégique avec la Chine. À noter que l’administration américaine s’implique fortement dans le dossier du Sahara occidental et cherche à imposer une solution fondée sur le plan d’autonomie marocain.
La France développe elle aussi des projets économiques dans les territoires administrés par le Maroc au Sahara occidental, notamment dans les secteurs des énergies renouvelables, de la logistique et des infrastructures. Plusieurs entreprises françaises sont impliquées dans des projets situés autour de Laâyoune et Dakhla, présentés officiellement comme des investissements « au Maroc ».
















