La situation sanitaire et sécuritaire en Algérie fait face à une menace silencieuse mais dont la progression est fulgurante : la prolifération des morsures de chiens. C’est le constat alarmant dressé par M. Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE), qui vient de publier des statistiques officielles donnant froid dans le dos.
313 000 morsures en 2025 : Une hausse vertigineuse de 175 %
Selon les chiffres choc relayés par le président de l’APOCE, l’année 2025 marque un tournant critique. Alors que l’année 2024 avait enregistré 114 000 cas de morsures de chiens à travers le territoire national, ce chiffre a littéralement explosé pour atteindre 313 000 cas en 2025.
Cette augmentation massive témoigne d’une dégradation manifeste de la gestion de la faune canine urbaine. « C’est quelque chose de très inquiétant », souligne M. Zebdi, précisant que ce bilan tragique n’inclut même pas les agressions causées par d’autres types d’animaux.
Au-delà de la froideur des statistiques, le bilan humain est insoutenable. L’année 2025 a été marquée par l’enregistrement de plusieurs décès, dont des enfants, ayant succombé aux suites de morsures de chiens. Ces drames, survenus dans plusieurs wilayas du pays, ont soulevé une vague d’indignation et de peur légitime au sein de la population.
La prolifération des meutes de chiens errants a pris une ampleur inquiétante dans tout le pays, transformant certains quartiers, parcs et zones périurbaines en véritables zones de danger pour les citoyens, particulièrement les plus vulnérables.
Des autorités locales face à un blocage réglementaire
Conscientes de la gravité de la situation et de l’urgence de protéger les habitants, les autorités locales avaient lancé plusieurs campagnes d’abattage des chiens errants à travers le territoire. Cependant, ces opérations de sécurisation ont été brusquement interrompues suite à une instruction du ministère de l’Agriculture ordonnant l’arrêt immédiat de ces campagnes d’abattage. Une décision prise après une pression exercée par les défenseurs des droits des animaux qui contestaient la méthode choisie pour lutter contre les chiens errants. Ils demandent des solutions clémentes telles que la stérilisation et la création de centres d’accueil pour les animaux.
Cette décision place désormais les municipalités dans une impasse. Alors que le phénomène s’aggrave, les capacités de capture, de stérilisation ou de mise en fourrière demeurent largement insuffisantes pour répondre à l’urgence du terrain.
Cette recrudescence massive des agressions remet au centre des préoccupations la lutte contre la rage. Avec un nombre de victimes qui a presque triplé en seulement douze mois, la pression sur les structures de santé pour l’approvisionnement en sérums et vaccins antirabiques devient une priorité absolue de santé publique.
















