Le gouvernement britannique a rappelé, le 3 mars 2026, que les denrées alimentaires originaires du Sahara occidental ne peuvent pas être étiquetées comme produits marocains sur le marché du Royaume-Uni.
La déclaration est venue en réponse à une question écrite de la députée travailliste Kim Johnson, qui avait signalé que la chaîne Tesco commercialise des tomates du Sahara occidental sous la mention “produit du Maroc” et demandé au gouvernement d’intervenir.
La ministre d’État chargée de la Sécurité alimentaire et des Affaires rurales, Angela Eagle, a été sans équivoque dans sa réponse. “Les principes fondamentaux de nos règles d’étiquetage alimentaire veulent que l’information fournie au consommateur ne soit pas trompeuse et lui permette de prendre des décisions éclairées”, a-t-elle déclaré. “La position du Royaume-Uni est que, lorsqu’une mention d’origine figure sur des produits alimentaires cultivés ou fabriqués au Sahara occidental, cette mention doit être exacte et ne peut pas être « marocaine ».”
Elle a ajouté que les services du DEFRA, le ministère britannique de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales, allaient assurer un suivi “afin que les autorités compétentes puissent mener des investigations”. Au Royaume-Uni, l’application des règles d’étiquetage relève des autorités locales.
Une règle maintenue malgré le rapprochement avec Rabat
Cette déclaration s’inscrit dans la continuité d’une réponse gouvernementale antérieure, datée du 3 juillet 2025, et du règlement sur l’information alimentaire repris dans le droit britannique après le Brexit, qui impose que l’étiquetage d’origine soit exact et vérifiable.
Elle intervient alors que Londres a sensiblement fait évoluer sa posture diplomatique sur le dossier sahraoui. En juin 2025, le chef de la diplomatie britannique David Lammy avait officiellement soutenu le plan d’autonomie marocain comme “base la plus crédible” d’un règlement du conflit, rejoignant les États-Unis, l’Espagne et la France dans leur ralliement à la thèse de Rabat. La règle d’étiquetage commerciale, elle, n’a pas été modifiée.
Ce débat sur l’origine des produits n’est pas propre au Royaume-Uni. Au sein de l’Union européenne, la question a fait l’objet d’une vive controverse après que la Commission européenne a proposé, en octobre 2025, d’autoriser l’étiquetage des produits du Sahara occidental sous des dénominations régionales marocaines, en dérogation aux arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne. Le nouvel accord commercial UE-Maroc incluant le territoire, entré provisoirement en vigueur le 3 octobre 2025, reste lui-même contesté devant la CJUE.
















