Contrairement aux années précédentes en période de ramadhan, les ports espagnols ne voient presque plus partir de cargaisons d’agneaux vers l’Algérie et le Maroc, deux débouchés traditionnels pour les éleveurs ibériques. Selon Libre Mercado, les exportations espagnoles d’animaux vivants vers les deux pays ont chuté d’environ 80 %, conséquence directe d’une hausse des prix qui a rendu l’offre espagnole nettement moins compétitive.
En deux ans, le prix du mouton vivant a augmenté d’environ 25 % en Espagne, tandis que celui du bovin a bondi de près de 45 %. Les maladies qui ont touché les troupeaux, comme la langue bleue chez les ovins ou la dermatosis nodularis chez les bovins, ont réduit la production et alimenté cette flambée. Les conditions climatiques défavorables dans le sud du pays ont également pesé sur les élevages et limité les disponibilités.
Face à des tarifs devenus trop élevés, l’Algérie a réorienté ses achats vers d’autres fournisseurs, notamment la Roumanie et le Brésil, qui proposent des prix plus attractifs et des volumes plus réguliers. Une diversification qui pourrait s’inscrire dans la durée.
Un marché qui se perd
La situation contraste fortement avec l’an dernier, lorsque l’appel du roi du Maroc à s’abstenir du sacrifice de l’Aïd al‑Adha avait fait chuter la demande marocaine. L’Algérie avait alors sauvé la campagne espagnole en autorisant des importations de dernière minute. Cette année, ce n’est plus la demande maghrébine qui manque, mais l’offre espagnole qui s’est contractée et renchérie.
Les professionnels du secteur en Espagne redoutent désormais de perdre durablement un marché qu’ils dominaient depuis des décennies, au moment même où d’autres fournisseurs consolident leur présence auprès des importateurs algériens.
















