L’Europe et le « grand remplacement » version Trump “l’homme de paix”

L’Europe et le « grand remplacement » version  Trump “l’homme de paix”
Gianni Infantino, patron de la FIFA a placé au plus haut la barre de la flatterie à Trump

Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football (FIFA) a remis, vendredi 5 décembre, à Washington DC, un « prix de la paix » à Donald Trump. Le patron du football mondial en rajoute en flatterie alors que le jour, même, l’administration de cet “homme de paix” a émis un document intitulé « Stratégie de défense nationale – NSS 2025 -» décrivant un monde blanc menacé par l’invasion des non-blancs, principalement venant d’Afrique. 

 National Security Strategy, NSS 2025, est  un document officiel définissant les priorités de sécurité et de politique étrangère des États-Unis pour les années à venir. Il fait de l’Europe un terrain de bataille civilisationnelle, un espace blanc qui serait menacé par les “colored”

Le document américain ne relève pas d’un simple approche géopolitique, il se base sur une lecture civilisationnelle et identitaire de la sécurité. Ainsi, reprenant le discours raciste du “grand remplacement”, le document décrit l’Europe comme une “civilisation” menacée par les migrations et les évolutions démographiques. Le document paraphrase l’expression de grand remplacement en évoquant un”effacement civilisationnel” de l’Europe et même l’avènement d’une majorité « non-européenne » dans certains pays.

Le document indique que les États-Unis veulent soutenir leurs alliés “pour préserver la liberté et la sécurité de l’Europe, tout en restaurant la confiance civilisationnelle de l’Europe et l’identité occidentale ». Cette phrase illustre clairement l’approche civilisationnelle du document, qui ne se limite pas à la défense militaire, mais inclut une dimension identitaire.

Les formules sont volontairement vagues, mais elles reprennent résolument le discours xénophones des extrême-droites européennes qui font des migrants et de la diversité des menaces existentielles. De plus, le document précise que « l’ère de la migration de masse est terminée — le choix de qui un pays laisse entrer sur son territoire… déterminera inévitablement l’avenir de cette nation », soulignant la manière dont l’immigration est construite comme un facteur de menace civilisationnelle.

Le texte ne se limite pas à l’alerte. Le NSS appelle à « cultiver la résistance » en Europe, ce qui est clairement vu comme un encouragement aux partis racistes, de la droite dure à l’extrême droite.   The Guardian, y voit  « un soutien explicite aux partis d’extrême droite européens » et d’un texte qui «semble adhérer à la théorie du complot raciste du « grand remplacement ».

Les officiels européens, soucieux de ne pas s’aliéner “l’homme de paix” Trump se sont abstenus de commenter, ce sont d’ex-responsables qui ont assumé la réplique.  L’ancien Premier ministre suédois Carl Bildt, figure influente de la diplomatie nordique, ancien ministre des Affaires étrangères et promoteur de la construction européenne, connu pour ses positions généralement centristes et atlantistes, donc loin d’être un dangereux gauchiste, n’a pas mâché ses mots. « C’est un langage qu’on ne retrouve généralement que dans les esprits bizarres du Kremlin », a-t-il posté sur X, qualifiant le document de « plus à droite que l’extrême droite en Europe ». Que cette critique vienne d’un dirigeant au profil conservateur renforce le poids de l’alerte. 

Un cadrage racialiste et néocolonial

Implicitement, l’Afrique et ses diasporas sont présentées comme sources de menace. Le texte mentionne des populations « non-européennes » de manière générale, ce qui contribue à un cadrage racialiste et néocolonial : les migrations sont perçues comme un facteur de danger civilisationnel plutôt que comme des mouvements humains et socio-économiques complexes. Une lecture essentialiste qui transforme des réalités sociales en risques stratégiques. Et qui pourrait influencer la manière dont les décideurs européens perçoivent et gèrent la diversité et l’intégration.

La NSS 2025 redéfinit ainsi les rapports transatlantiques : les alliances ne sont plus seulement fondées sur des valeurs partagées — démocratie, droits humains, pluralisme — mais sur des critères ethnoculturels implicites. Le texte normalise de fait les discours identitaires et xénophobes et offre un cadre internationalement légitime aux partis populistes européens.

Manifestation du 1er Mai 1953 à Paris
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