Le groupe énergétique français TotalEnergies a annoncé, jeudi dans un communiqué, le redémarrage de la production du champ pétrolier de Mabruk, situé en Libye, après plus d’une décennie d’arrêt. Cette remise en service s’inscrit dans la stratégie de développement du groupe dans le pays et intervient dans un contexte de reprise progressive de l’industrie pétrolière libyenne.
Le champ de Mabruk, localisé à environ 130 kilomètres au sud de Syrte dans la concession C17, avait vu sa production interrompue en 2015 en raison de l’instabilité sécuritaire dans la région. Le projet de redémarrage a été lancé en mai 2024 avec la construction d’une nouvelle unité de production d’une capacité de 25 000 barils par jour. Cette infrastructure est entrée en service le 28 février 2026, moins de deux ans après le lancement des travaux.
Dans ce projet, TotalEnergies détient une participation de 37,5 %. Selon le groupe, la nouvelle installation permettra de produire du pétrole à faible coût et avec des émissions réduites, conformément à sa stratégie visant à améliorer l’efficacité environnementale de ses opérations.
Pour Julien Pouget, directeur Moyen-Orient et Afrique du Nord de la branche Exploration-Production du groupe, ce redémarrage illustre l’engagement à long terme de l’entreprise dans le pays. Il intervient également alors que la compagnie célèbre cette année les 70 ans de sa présence en Libye.
Un marché pétrolier sous tension avec la guerre en Iran
Présent en Libye depuis 1956, TotalEnergies figure parmi les acteurs internationaux importants du secteur pétrolier du pays. En 2025, la production du groupe y a atteint en moyenne 113 000 barils équivalent pétrole par jour.
Le redémarrage du champ de Mabruk s’inscrit dans un ensemble d’investissements visant à consolider la production pétrolière libyenne et à soutenir l’objectif de croissance de la production du groupe, qui vise une augmentation annuelle d’environ 3 % d’ici 2030.
Il faut noter que dans un contexte géopolitique particulièrement tendu, le redémarrage du champ de Mabruk intervient alors que les marchés pétroliers mondiaux sont secoués par l’escalade militaire impliquant l’Iran. Le conflit, déclenché fin février après des frappes américaines et israéliennes contre des cibles iraniennes, a provoqué de fortes turbulences sur les marchés de l’énergie et fait grimper les prix du brut. Les tensions autour du détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial, font craindre des perturbations durables de l’approvisionnement énergétique international.
Si cette instabilité devait se prolonger, les analystes estiment qu’elle pourrait renforcer l’importance stratégique de certains producteurs, dont la Libye, dont le potentiel pétrolier reste encore largement sous-exploité malgré les années d’instabilité.
















