Mali–France : bras de fer autour d’un espion arrêté à Bamako

Mali–France : bras de fer autour d’un espion arrêté à Bamako
Photo de M. Vezilier diffusée à la télévision malienne avec 10 autres présumés conspirateurs, dont plusieurs généraux de l'armée.

L’arrestation d’un officier français de la DGSE au Mali et l’expulsion de deux agents maliens en France ravivent les tensions entre Paris et Bamako, sur fond de souveraineté, sécurité et diplomatie.
Un mois après l’arrestation à Bamako de Yann Christian Bernard Vezilier., officier de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), les autorités françaises ont décidé d’expulser deux agents maliens de la Sécurité d’État (SE), en poste à l’ambassade du Mali à Paris. Cette mesure, rapportée par Le Monde, marque une nouvelle étape dans la dégradation des relations entre les deux pays, déjà fragilisées depuis l’arrivée au pouvoir de la junte militaire dirigée par le général Assimi Goïta en août 2020.
Selon Bamako, Yann V., accrédité comme diplomate auprès de l’ambassade de France, aurait participé à une « tentative de déstabilisation » visant le régime en place. Plusieurs hauts gradés maliens, dont les généraux Abass Dembélé et Nema Sagara, ont également été arrêtés. Bien que bénéficiant de l’immunité diplomatique selon la Convention de Vienne, l’agent français demeure détenu au secret.
Paris dénonce une atteinte grave au droit international et a répliqué en expulsant les deux agents maliens. Cette affaire fait écho à celle de quatre agents français détenus au Burkina Faso entre 2023 et 2024, libérés grâce à une médiation des services de renseignement marocains.

Un contexte sécuritaire tendu


La coopération sécuritaire entre Paris et Bamako, maintenue discrètement malgré les tensions politiques, semble désormais rompue. Les agents français ont été rappelés, et les négociations autour de Yann V. restent infructueuses.
Ce bras de fer diplomatique survient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu. Depuis septembre 2025, le Mali fait face à une intensification des offensives jihadistes, notamment dans l’ouest et le sud du pays. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a imposé un blocus sur les axes reliant Bamako aux ports sénégalais et mauritaniens, perturbant gravement l’approvisionnement en carburant et en denrées essentielles.
Cette stratégie vise à démontrer l’incapacité de l’État malien à sécuriser ses corridors économiques, tout en affaiblissant la junte au pouvoir. Dans ce climat de pression sécuritaire et de défi diplomatique, l’affaire Yann V. cristallise les tensions entre souveraineté nationale et normes internationales.

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