Marché africain : défis et ambitions des entreprises algériennes pour conquérir un continent en croissance

Marché africain : défis et ambitions des entreprises algériennes pour conquérir un continent en croissance

Le marché africain, avec son potentiel économique colossal, représente une opportunité de taille pour les entreprises algériennes. Malgré cet attrait évident, plusieurs obstacles techniques, logistiques et commerciaux entravent encore leur développement sur le continent. A l’occasion de la 56e édition de la Foire Internationale d’Alger (FIA), qui se déroule actuellement à la SAFEX jusqu’au 28 juin, nous avons pu rencontrer des responsables évoquant les défis rencontrés par leurs entreprises, tout en mettant en lumière leurs ambitions. Il s’agit aussi de répertorier les initiatives gouvernementales visant à faciliter leur expansion.

Les obstacles techniques : une question de normes et de compétitivité

Pour les entreprises algériennes, l’un des premiers défis sur le marché africain concerne les normes techniques. Karime Makhezoum, responsable de la communication au groupe BMS, souligne que les disparités dans les standards électriques à travers l’Afrique compliquent l’exportation des produits. En effet, la majorité des pays africains utilisent des prises de type G à l’anglaise, ce qui rend difficile l’adaptation des équipements électriques algériens.

De plus, la pression sur les prix conduit souvent les consommateurs africains à privilégier des produits à bas coût, au détriment de la durabilité et de la qualité. BMS se retrouve ainsi confronté à une concurrence féroce. Ce manque de régulation dans certains pays africains rend la situation encore plus complexe pour les entreprises algériennes misant sur la fiabilité.

Logistique et transport : des coûts trop élevés pour les exportations

Un autre frein majeur réside dans le coût élevé du transport des produits vers les marchés africains. Akram Khellaf, responsable de l’import-export chez FNBN PLAST, explique que le volume important des produits plastiques, combiné à leur faible valeur unitaire, entraîne des coûts logistiques disproportionnés par rapport à leur rentabilité. Cette problématique est particulièrement visible pour les articles volumineux, comme ceux du secteur plastique, qui occupent un espace considérable dans les conteneurs et deviennent donc coûteux à expédier.

Cela dit, l’Algérie met en œuvre des projets ambitieux pour pallier ces défis. Le développement des infrastructures routières et ferroviaires constitue un axe prioritaire. La réhabilitation de la Route Transsaharienne et le projet de modernisation des corridors ferroviaires entre l’Algérie et ses voisins africains devraient réduire considérablement les coûts et améliorer l’accessibilité aux marchés du Sahel et de l’Afrique subsaharienne.

Stratégies d’expansion : une volonté de croissance malgré les obstacles

Malgré ces obstacles, les entreprises algériennes restent déterminées à conquérir le marché africain. Le groupe Morsi, spécialiste de l’électroménager, est déjà présent dans plusieurs pays, tels que le Niger, le Mali et la Tunisie. Bien que la pression du marché local ralentisse momentanément son expansion, l’entreprise demeure optimiste et prévoit une croissance future sur le continent. Sa stratégie repose sur une expansion progressive, en ciblant les marchés où la demande pour les produits algériens est en hausse.

De son côté, Géant Électronique a adopté une approche stratégique en faisant de la Mauritanie un point d’accès majeur vers le marché sahélien. Grâce à l’ouverture du tronçon routier Tindouf-Nouakchott, l’entreprise a pu renforcer son accès au marché mauritanien, où la demande pour ses produits est importante. Boukhlouf Abderrahmane, responsable marketing et communication, précise que leur stratégie repose sur une sélection rigoureuse des clients, dans le but d’assurer une croissance durable et rentable.

Soutien institutionnel et perspectives : une vision à long terme

Face à ces défis, le gouvernement algérien joue un rôle crucial dans le soutien aux entreprises locales. Mohamed Rezig, ministre du Commerce, a récemment insisté sur l’importance d’un accompagnement renforcé pour aider les entreprises algériennes à s’imposer sur le marché africain. Plusieurs mesures ont été mises en œuvre : simplification des procédures douanières, développement des zones de libre-échange, promotion des relations diplomatiques avec les pays africains.

Le ministre a également souligné la nécessité d’améliorer les infrastructures de transport. L’Algérie investit massivement dans la réhabilitation des routes transnationales et des réseaux ferroviaires, notamment à travers la modernisation des corridors reliant le pays au reste de l’Afrique. Ces investissements visent à réduire les coûts logistiques et à rendre les produits algériens plus compétitifs.

Un potentiel énorme, mais des défis à surmonter

Bien que la conquête du marché africain représente un défi de taille, l’Algérie dispose d’atouts stratégiques pour devenir un acteur clé du commerce intra-africain. Les obstacles techniques et logistiques sont bien réels, mais les projets gouvernementaux visant à améliorer les infrastructures, conjugués aux stratégies d’expansion ciblées des entreprises algériennes, rendent cette ambition réaliste.

À l’occasion de la 56e édition de la Foire Internationale d’Alger, qui se tient actuellement à la SAFEX jusqu’au 28 juin, plusieurs promoteurs ont partagé leurs expériences et ambitions. Ces échanges confirment une dynamique nouvelle : celle d’une Algérie tournée vers son continent, prête à relever les défis pour s’imposer comme un partenaire économique majeur en Afrique. Le chemin reste semé d’embûches, mais les fondations sont posées. Si les entreprises algériennes parviennent à s’adapter aux exigences locales et à renforcer leur compétitivité, elles seront en mesure de tirer pleinement parti du potentiel d’un continent en pleine croissance.

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