Le marché noir des devises en Algérie traverse une période de calme inédit. Depuis le début de l’année, le taux de change de l’euro face au dinar algérien reste figé. Aucun mouvement notable n’est observé. 100 euros s’échangent toujours contre 27 900 à 28 000 dinars à la vente et entre 27 650 et 27 750 dinars à l’achat.
Une stagnation inhabituelle. Habituellement, après le réveillon, la demande pour l’euro et les autres devises grimpe. Les opérateurs du Square, cœur du marché noir, s’attendent à une reprise rapide. Pourtant, cette année, rien ne bouge. Un cambiste affirme que le marché est entré en “hibernation”. L’équilibre entre l’offre et la demande s’explique par une baisse notable de la demande.
Trois facteurs clés qui expliquent la baisse de la demande
- Perturbation des visas pour la Turquie Le premier facteur est lié aux visas pour la Turquie. Les services consulaires ont changé de prestataire. Les 13 bureaux de l’ancien opérateur ont cessé de fonctionner. Le nouveau prestataire ne dispose que d’un bureau opérationnel à Oran. Un autre doit ouvrir à Alger. Pour les autres wilayas, la couverture reste progressive. Résultat : moins de visas délivrés. Moins de voyages signifie automatiquement moins de demande pour l’euro sur le marché noir.
- Suppression des visas pour les États-Unis Le deuxième facteur concerne la décision américaine. Les États-Unis ont suspendu l’octroi de visas pour les ressortissants de 75 pays, dont l’Algérie. Cette mesure réduit encore la demande de devises. Les candidats au voyage vers l’Amérique se retrouvent bloqués.
- Tensions au Moyen-Orient Enfin, les tensions régionales jouent un rôle. Les menaces d’une intervention militaire américaine en Iran inquiètent. Les voyageurs algériens qui prévoyaient de se rendre dans les pays du Golfe préfèrent attendre. L’incertitude géopolitique freine les déplacements.
Un marché noir en hibernation Ces trois éléments combinés expliquent le calme plat actuel. Le marché noir, habituellement animé en début d’année, plonge dans une véritable hibernation. Les cambistes observent une situation rare : une stabilité prolongée des taux de change. La reprise dépendra de l’évolution des visas et du contexte international. Si les bureaux turcs reprennent pleinement leurs activités, la demande pourrait repartir. De même, une détente au Moyen-Orient encouragerait les voyageurs. Pour l’instant, le marché noir reste figé.
















