L’euro continue de reculer nettement sur le marché noir des devises en Algérie. Ce jeudi 12 février, le billet de 100 euros s’échange à la vente contre 28 050 dinars algériens. Il perd ainsi 50 dinars en une journée. Surtout, il cède 200 dinars par rapport à la fin du mois de janvier. La tendance reste clairement orientée à la baisse.
À l’achat, les cambistes reprennent le même billet de 100 euros contre 27 800 dinars en moyenne. L’écart entre achat et vente reste important, mais le mouvement général confirme un recul des cours sur le marché noir.
Demande en chute pendant le Ramadhan
Cette baisse s’explique d’abord par une forte réduction de la demande. Le mois sacré du Ramadhan modifie les comportements. Les Algériens préfèrent ne pas voyager à l’étranger pendant cette période. Moins de voyages signifie moins de besoins en devises. Donc, la pression sur l’euro diminue.
Habituellement, les départs vers la Tunisie, la Turquie ou l’Europe stimulent la demande en euros sur le marché noir. Mais avec le Ramadhan, cette dynamique s’effrite. Par conséquent, la demande se contracte. Et lorsque la demande baisse, les cours suivent.
Offre d’euros plus abondante
Un second facteur pèse aussi sur la baisse des cours. L’offre d’euros augmente. Les membres de la diaspora reviennent au pays pour passer le mois du carême en famille. Beaucoup arrivent avec des devises qu’ils écoulent ensuite. Cela accroît l’offre d’euros disponibles.
Cette hausse de l’offre intervient au moment où la demande ralentit. L’effet combiné accentue la pression à la baisse. Le mécanisme reste simple : plus d’euros disponibles et moins d’acheteurs, alors le taux recule.
Malgré cette correction, le marché noir reste la principale référence pour une large part des transactions en devises hors circuit officiel. Le marché bancaire reste encadré. Il ne répond pas à la demande réelle. En conséquence, l’écart entre les deux circuits persiste.
La trajectoire de l’euro dépendra désormais de l’évolution de la demande après la fin du Ramadhan. Si les voyages reprennent à l’approche de l’été, la pression pourrait s’inverser. Pour l’instant, le marché noir enregistre un ajustement mécanique, dicté par les fondamentaux immédiats de l’offre et de la demande.
















