Finalement, l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) va entrer dans la majorité gouvernementale. Et ouvrir la voie à la formation d’un gouvernement où la ‘’Koutla’’ historique fera son grand retour sur la scène politique marocaine.
Après quatre années passées dans l’opposition après les premières élections législatives du printemps arabe en 2011 au Maroc, les socialistes de l’USFP, le parti du leader marocain Mehdi Benbarka, enlevé à Paris en 1965 et disparu depuis, ont annoncé samedi qu’ils allaient participer à la majorité gouvernementale, que doit former le chef du PJD, Abdelilah Benkirane. Le »feu vert » a été donné par la commission administrative de l’USFP, en quelque sorte le parlement du parti, à la participation à la prochaine majorité menée par Abdelilah Benkirane. Les négociations vont être menées par le Premier secrétaire du parti, Driss Lachgar. Mais, celui-ci affirme qu’il ne va pas briguer de poste ministériel. »Je ne me porterai pas candidat à aucun ministère », a déclaré Driss Lachgar à l’issue de cette réunion. »Nous allons écouter les propositions du Chef du gouvernement. Partant de ces propositions concernant le programme, les orientations générales, les priorités et les autres composantes de la majorité, nous allons prendre la décision adéquate et j’espère qu’elle sera positive », expliqué de son côté l’autre poids lourd de l’USFP, universitaire et ancien ministre, Lahbib El Malki, au site officiel du PJD. L’USFP rejoint ainsi l’Istiqlal et le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), qui ont déjà annoncé leur participation au prochain gouvernement. La semaine dernière, le chef du gouvernement et leader du PJD, qui a remporté les élections législatives du 7 octobre dernier, avait indiqué que ‘’nous sommes actuellement en tractation avec trois ou quatre partis. Dès que l’un d’entre eux tranche, nous commencerons le travail. »
Le PAM dans l’opposition
L’avis favorable du »parlement » de l’USFP pour une entrée dans le prochain gouvernement, redonne vie à la Koutla historique (Istiqlal, PPS et USFP), et, mieux, constitue un allié de poids pour le chef du gouvernement, qui pourra dés lors mettre sur la table les voix de ses nouveaux partisans. En face, les »Indépendants » du RNI, le Mouvement Populaire (MP) et l’Union Constitutionnelle (UC) veulent former un bloc pour aller négocier en force avec Benkirane leur participation au prochain gouvernement. Le Rassemblements des Indépendants, qui a vu l’ex-ministre de l’Agriculture Aziz Akhennouche prendre sa direction, veut négocier le »perchoir » de la chambre basse du Parlement avec le chef du PJD. Quant au Parti Authenticité et Modernité (PAM), arrivé en seconde position derrière le PJD (102 voix), il a déjà annoncé sa décision d’entrer dans l’opposition. Un peu plus d’un mois après la tenue des élections législatives, qui ont confirmé la suprématie des islamistes du PJD sur la scène politique locale, le Maroc n’a pas encore de gouvernement, ni de Parlements.
















