Malgré une dynamique macroéconomique globalement favorable, la question du chômage demeure l’un des principaux défis auxquels fait face l’économie marocaine, selon les conclusions préliminaires de la mission du Fonds monétaire international (FMI) au titre de l’article IV pour l’année 2026.
Emploi et réformes des établissements publics : un chantier prioritaire
La création d’emplois durables reste une priorité pressante. Le FMI souligne la nécessité de renforcer l’efficacité du marché du travail et de favoriser l’émergence d’un secteur privé plus dynamique, capable d’absorber une main-d’œuvre jeune et croissante.
Dans ce cadre, l’accélération des réformes des établissements et entreprises publics apparaît comme un levier important. L’objectif affiché est d’améliorer leur gouvernance et leur performance afin de stimuler la concurrence et d’assurer une meilleure neutralité entre acteurs publics et privés, sans remettre en cause leur rôle stratégique dans l’économie nationale.
La mission salue par ailleurs les dispositifs mis en place en faveur des TPME, notamment à travers la Charte de l’Investissement et le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, tout en appelant à un suivi attentif de leur impact réel sur l’emploi.
Une croissance robuste mais encore dépendante de certains facteurs
Sur le plan macroéconomique, le FMI anticipe une croissance de 4,9 % en 2026, portée par l’investissement public et privé, une bonne performance des services et une production agricole soutenue par une pluviométrie favorable.
Cette dynamique reste toutefois partiellement tributaire de facteurs conjoncturels, notamment climatiques, ce qui renforce l’importance de poursuivre les efforts de diversification économique.
L’inflation, bien maîtrisée en 2025, devrait progressivement converger vers des niveaux plus proches de la cible de Bank Al-Maghrib, dans un contexte de politique monétaire jugée globalement appropriée.
Marges budgétaires et capital humain : des progrès à consolider
Le FMI note positivement l’amélioration des recettes fiscales et la réduction du déficit budgétaire. Ces résultats ouvrent des marges de manœuvre pour renforcer l’investissement dans le capital humain, en particulier dans la santé et l’éducation.
La mission encourage néanmoins à préserver une partie de la surperformance des recettes, afin de consolider les équilibres budgétaires à moyen terme et de mieux faire face aux risques futurs, notamment ceux liés aux établissements publics.
Un cadre économique jugé résilient, sous réserve de poursuite des réformes
Enfin, le FMI considère que les risques pesant sur les perspectives économiques sont globalement équilibrés, même si un ralentissement de la zone euro ou une volatilité accrue des prix des matières premières pourraient affecter la trajectoire actuelle.
Dans l’ensemble, les conclusions de la mission dressent le portrait d’une économie marocaine résiliente et en progression, mais dont la consolidation à long terme passe par la création d’emplois, la montée en compétences de la main-d’œuvre et la poursuite mesurée des réformes structurelles.
















