Maroc-Politique: Pressé par le roi de former son gouvernement, Benkirane rencontre Akhannouch, sans lâcher l’Istiqlal

Maroc-Politique: Pressé par le roi de former son gouvernement, Benkirane rencontre Akhannouch, sans lâcher l’Istiqlal

La dernière sortie médiatique du  »patron » de l’Istiqlal Hamid Chabat contre la Mauritanie, qui a mis dans l’embarras le Palais royal, a encore épaissi le blocage pour la formation d’un gouvernement issu des législatives d’octobre 2016.

 

En pleine crise diplomatique entre Rabat et Nouakchott, le chef du gouvernement désigné Abdelilah Benkirane a rencontré lundi dernier, sur instructions du Roi, l’homme politique marocain du moment, Aziz Akghannouch, nouveau  »patron » du Rassemblement national des Indépendants (RNI). Mais, surtout, proche d’entre les proches de Mohamed VI et une des premières fortunes du royaume. Le RNI, arrivé en 4eme position lors des élections législatives du 7 octobre 2016 avec 37 sièges, derrière l’Istiqlal (46 sièges), est vite devenu la clé de sortie de la crise politique après le ralliement au sein de ses rangs de l’Union Constitutionnelle (UC, 19 sièges) et, surtout, le Mouvement Populaire (27 sièges). Avec le retrait du Parti Authenticité Modernité (PAM), arrivé second aux élections législatives avec 102 sièges, il ne restait plus à Abdelilah Benkirane, qui compte sur le soutien de l’Istiqlal et le PPS, qu’à négocier avec Akhannouch pour débloquer la situation et former son gouvernement. Seul problème à l’équation: le RNI ne voulait pas entrer dans un gouvernement où est représenté l’Istiqlal. Or, les propos du Secrétaire général du plus vieux parti marocain à l’égard de la Mauritanie ont isolé encore plus ce parti et hypothéqué son maintien dans le futur gouvernement. A l’issue de sa rencontre de lundi avec le chef du gouvernement désigné, Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture du gouvernement sortant, a relevé  »l’importance de cette rencontre pour former un gouvernement homogène. »

L’autre blocage

Pour autant, et sans citer le SG de l’Istiqlal, il a ajouté :  »vous avez suivi les déclarations non respectueuses à l’égard des pays voisins », et  »si l’on doit s’associer à ces gens, ce serait dérangeant. » Mais, le blocage pour la formation d’une majorité gouvernementale persiste, car selon des milieux proches du chef du PJD (vainqueur des législatives de 2016), Benkirane tient toujours à ce que le parti dirigé par Chabat fasse partie du futur gouvernement. En dépit des  »incartades de son Secrétaire général, qui a déclaré que le RNI est ‘’téléguidé’’ par le PAM. A Akhannouch, il a dit qu’il allait réfléchir à la demande du RNI d’évincer l’Istiqlal du futur gouvernement. Mais,  »in fine », les tractations pour la formation d’un gouvernement de coalition, risquent de durer. Selon le quotidien Essabah (arabophone), il y aurait un blocage sur certains postes stratégiques au sein du futur gouvernement, ainsi que pour le perchoir de la chambre basse du Parlement, revendiqué par le RNI. Dans son édition de ce vendredi 30 décembre,  »Essabah », qui cite des sources bien informées, évoque un autre blocage pour la formation du prochain gouvernement et lié par la répartition des portefeuilles ministériels les plus convoités, dont ceux de l’Economie et des finances, du Commerce, du Transport et de la logistique et des Energies et des mines. Ces départements nécessitent des hommes d’expérience et compétents, mais Abdelilah Benkirane ne veut pas être désavoué, selon la presse locale, par les cadres de son parti.

L’exaspération du Roi

Assabah croit en outre savoir qu’Aziz Akhannouch aurait rassuré ses cadres quant à l’avenir du gouvernement, sa structure et son programme, mais surtout que la présidence de la Chambre des représentants (chambre basse du parlement marocain) ne saurait revenir à un autre parti que le RNI. Le chef du gouvernement désigné et celui du RNI doivent se revoir samedi 31 décembre pour tenter de débloquer la situation. L’Istiqlal y joue sa survie politique. La reprise des tractations pour la constitution d’un gouvernement de coalition, trois mois après les élections législatives, est en fait le résultat d’une irritation du roi, qui a envoyé samedi 24 décembre deux de ses conseillers rencontrer le chef du PJD. Omar Kabbage et Abdelatif Mennouni ont fait part au chef du gouvernement  »du souci du roi de voir le nouveau gouvernement se former dans les plus brefs délais. »

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