Mauritanie – La question d’un troisième mandat présidentiel suscite un débat houleux

Mauritanie – La question d’un troisième mandat présidentiel suscite un débat houleux

La question de la levée de la limitation à deux des mandats présidentiels pour permettre au président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz de se représenter pour une troisième fois en 2019, suscite une polémique au sein de la classe politique mauritanienne depuis une semaine.

Des membres du gouvernement sont montés au créneau pour faire une campagne à peine voilée en faveur du troisième mandat. Trois ministre, dont notamment celui de la Justice Me Brahim Ould Daddah, ont plaidé pour qu’on donne plus de temps au président Mohamed Ould Abdel Aziz « afin qu’il puisse parfaire les chantiers et projets qu’il a déjà démarrés ».
Ce plaidoyer tenu devant l’Assemblée nationale a suscité un vif tollé chez les députés de l’opposition et certains députés de la majorité au pouvoir. Me Ould Daddah a indiqué que « la volonté des nations et des peuples est supérieure à la Constitution, en ce sens que ce sont les peuples qui en sont la source », avant d’ajouter qu’il est interdit de transgresser la constitution, mais non de la changer ».
Des élus lui ont demandé, mardi dernier, de « retirer ses propos et de présenter ses excuses pour leur caractère anticonstitutionnel », ce qu’il a balayé d’un revers de main en disant qu’il « persiste et signe ». Les députés contestataires ont alors quitté l’hémicycle pour signifier leur ultime rejet.
Dans la liste des personnalités favorables à plus de deux mandats présidentiels figure le porte-parole du gouvernement Mohamed Lemine Ould Cheikh. Devant la presse, il a soutenu que « certains ministres ou la majorité des Mauritaniens ou tout le peuple mauritanien ont la conviction que le président mérite un troisième, un quatrième ou cinquième mandat ». Il faisait ainsi allusion à ses collègues de la Justice et des Finances qui avaient tour à tour évoqué cette question devant le parlement mauritanien.
Du côté de l’opposition radicale structurée au sein du Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU), la décision de faire rupture totale avec le pouvoir en réaction aux propos des membres du gouvernement a été vite connue. « Nous interrompons tout contact avec le pouvoir tant que des ministres du gouvernement ne retirent pas leurs propos relatifs à une modification de la constitution pour accorder un troisième mandat au président Mohamed Ould Abdel Aziz », précise une déclaration du FNDU rendue publique jeudi dernier.
Le FNDU avait, devant la presse, qualifié ces propos de « tournant dangereux » et de violation « de la constitution et des règles morales ».
Le FNDU avait, par le passé, signifié « son doute quant à la sincérité des propositions de dialogue formulées par le gouvernement ».
Me Mahfoud Ould Battah, président en exercice du FNDU a rappelé que « le peuple mauritanien a trop souffert du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz et n’acceptera jamais que ce régime soit prolongé avec son lot de corruption, hausse des prix, dégradation de l’enseignement et des conditions sanitaires… »
Le président Ould Abdel Aziz dont le deuxième mandat devra s’achever dans trois ans, avait prêté serment lors de son investiture en août 2014 de respecter le nombre de mandats tels que définis par le texte fondamental et exprimé son engagement à « ne contribuer en aucune manière, au changement des dispositions relatives à la limitation des mandats.
Interpelé, à maintes reprises sur cette question, il a toujours évité d’apporter une réponse, remettant sa décision de se prononcer « à plus tard en 2019 », selon l’expression utilisée au cours d’une émission de la télévision nationale.
L’article 29 de la constitution mauritanienne demande au président élu de jurer par Allah de ne pas modifier les articles 26 et 28, lesquels limitent le mandat présidentiel à cinq ans, renouvelable une seule fois.

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