Lors d’une visite sur le site de la future mine de zinc et de plomb de Tala Hamza, dans la wilaya de Béjaïa, jeudi dernier, les ministres des Mines et des Travaux publics ont rencontré les habitants du village d’Aït Bouzid afin d’écouter leurs doléances.
Situé dans le périmètre immédiat de la mine, le village est voué à une destruction totale ou partielle. Pour ses habitants, c’est un pan entier de l’histoire locale qui est sur le point de disparaître, et ils sont aujourd’hui sommés de renoncer au patrimoine de leurs aïeux. Selon les échos recueillis par Maghreb Emergent, les ministres se sont engagés à clôturer et à préserver le cimetière du village afin d’en protéger au moins cette partie du patrimoine.
Cependant, pour le reste des bâtisses traditionnelles et la mémoire des lieux, aucun compromis ne semble possible entre l’exploitation de ce gisement — jugé « stratégique pour l’économie nationale » par le gouvernement — et la préservation d’un village qui a survécu aux aléas de la nature et à la colonisation. Niché au cœur de montagnes verdoyantes, ce havre de paix, bien que dépourvu d’infrastructures modernes, demeure riche de sa sérénité, de son air pur et de ses sources d’eau douce.
62 familles concernées par l’indemnisation
Le village compte actuellement 62 familles concernées par le processus d’expropriation. Elles réclament une réévaluation des indemnités fixées par les autorités. Les foyers seront dédommagés pour leurs habitations et leurs terres ancestrales sur la base de 1 000 dinars le mètre carré, alors qu’en contrepartie, les parcelles de remplacement relevant du domaine privé de l’État à Tala Hamza leur sont proposées aux prix officiels du marché foncier, estimés par des experts locaux entre 1000 et 10 000 dinars le mètre carré.
Par ailleurs, quatre jeunes du village sont actuellement sous contrôle judiciaire, après que le parquet a requis leur placement en détention provisoire pour s’être opposés au projet. Accompagnés des autres villageois, ils ont suspendu leur mouvement de protestation tout en réaffirmant qu’ils ne s’opposent pas au projet d’utilité publique en soi, mais qu’ils réclament une indemnisation juste et équitable.
Les travaux d’aménagement des voies d’accès au gisement de zinc et de plomb ont débuté il y a quelques jours. La mise en exploitation de la mine est prévue pour le début de l’année prochaine.
















