Avec une croissance de 134% de ses encours en un an, le Crédit Populaire Algérien accélère dans la finance islamique et cible désormais les industriels à travers un produit dédié aux matières premières.
Le virage de la finance islamique s’accélère en Algérie. Sofiane Mzari, responsable du département dédié au sein du Crédit Populaire Algérien (CPA), a annoncé à “Echorouk” le prochain déploiement d’une offre spécifiquement conçue pour les besoins industriels, à savoir la “mourabaha d’approvisionnement”. Ce produit permettra aux entreprises d’acquérir leurs matières premières avec une marge bénéficiaire inférieure à 8%, un niveau que le banquier qualifie de « très compétitif » par rapport aux standards du marché.
Le lancement interviendra durant le ramadan, avec l’objectif de soutenir l’appareil industriel national, qu’il s’agisse de grandes entreprises ou de PME, en facilitant l’accès aux intrants de production plutôt que de concentrer l’offre sur le crédit à la consommation ou l’immobilier.
Les performances enregistrées par la finance islamique au CPA justifient cette montée en gamme. Les collectes atteignent 65 milliards de dinars, réparties sur plus de 100 000 comptes ouverts. Mais c’est surtout la progression des financements qui interpelle. Avec 22 milliards de dinars d’encours en février, la banque affiche une hausse de 134% entre 2024 et 2025. Les dépôts, eux, progressent de 37% sur la même période.
Les sukuk souverains confirment l’appétit du marché
Parallèlement, la souscription aux sukuk souverains « ijara » lancée le 27 janvier par le Trésor public confirme l’intérêt des investisseurs algériens pour les instruments financiers conformes à la charia. Mzari évoque une demande « élevée et soutenue », alimentée par les canaux numériques du ministère des Finances ainsi que par les réseaux bancaires et d’assurance.
Cette première émission souveraine, adossée à des actifs réels de l’État, vise à diversifier les sources de financement public tout en mobilisant l’épargne nationale. Le Trésor y voit une « étape marquante » dans le développement du marché financier algérien et le renforcement de l’écosystème de la finance islamique dans le pays.
Les campagnes de promotion devraient s’intensifier dans les prochaines semaines pour atteindre les objectifs fixés par le ministère des Finances, dans un contexte où l’Algérie cherche à structurer une offre financière alternative répondant à une demande sociétale croissante.
















