Plus de 40 000 jeunes, venus de différentes wilayas du pays mais aussi d’Afrique et du monde arabe, ont convergé vers la wilaya de Naâma depuis le 21 décembre. Un chiffre qui dépasse le simple cadre d’un événement de jeunesse et qui transforme, le temps de l’hiver, l’oasis de Tiout en véritable vitrine d’un potentiel touristique encore largement sous-exploité.
Les camps d’hiver, un levier touristique méconnu
À l’occasion du Camp africain de la communication et de l’échange entre les jeunes, organisé du 31 décembre au 2 janvier, le ministre de la Jeunesse, Mustapha Hidaoui, a insisté sur la portée stratégique de ces rassemblements. « Les camps d’hiver thématiques jouent un rôle important dans la promotion de l’esprit d’initiative et le renforcement du rapprochement entre les peuples », a-t-il souligné depuis l’oasis de Tiout.
Placés sous le slogan « La jeunesse en mouvement », ces camps ne se limitent pas à des activités récréatives. Ils combinent formation, créativité, échanges culturels et découverte territoriale. « L’organisation de telles manifestations offre également l’opportunité de valoriser le patrimoine culturel et touristique local de chaque région », a ajouté le ministre.
Naâma, laboratoire de l’« hiver thermique »
Alors que le nord du pays entre en saison froide, le Sud offre ce que les professionnels appellent l’« hiver thermique » : un climat doux, ensoleillé et propice au tourisme de plein air. À Naâma, cette réalité climatique devient un argument économique.
En accueillant des milliers de jeunes, les camps réactivent des infrastructures souvent dormantes hors saison : centres de jeunesse, hébergements, restauration locale, artisanat et transport. Sans campagnes promotionnelles classiques, l’événement agit comme un déclencheur naturel de mobilité touristique.
Une rencontre des cultures à forte valeur symbolique
Le camp africain a réuni 1 200 jeunes, dont 50 participants représentant 28 pays africains et arabes. Une diversité que Mustapha Hidaoui a saluée : « Le camp reflète la richesse et la diversité des cultures, de l’histoire, des coutumes et des traditions du continent. »
Ces échanges dépassent le cadre institutionnel. Ils participent à la construction d’une image de l’Algérie comme espace d’accueil, de dialogue et de stabilité. Une forme de soft power discret mais efficace, où la jeunesse devient ambassadrice des territoires qu’elle découvre.
Camping, randonnées et économie locale
Le ministre a également mis en avant « le rôle du camping et des randonnées dans l’ancrage de la culture de l’autonomie, du respect de l’environnement et de l’amour de la patrie ». Sur le plan économique, cette dynamique ouvre la voie à un tourisme de niche : écotourisme, tourisme éducatif et séjours hivernaux à faible coût, adaptés aux jeunes et aux familles.
Sans affiches internationales ni campagnes coûteuses, Naâma est parvenue à attirer des dizaines de milliers de visiteurs. Une démonstration concrète qu’un événement bien conçu peut devenir, à lui seul, une stratégie de communication territoriale.
À travers ces camps d’hiver, la wilaya révèle un potentiel touristique réel, notamment en saison froide. Un potentiel qui, s’il est structuré et pérennisé, pourrait transformer durablement les territoires du Sud en destinations hivernales incontournables.