Face aux plaintes récurrentes sur les perturbations du réseau internet, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a tenté d’apaiser les tensions lors d’une intervention à l’Assemblée populaire nationale (APN) le 15 janvier 2026. Selon lui, le problème réside au niveau des fournisseurs d’IP Transit internationaux, dédouanant ainsi Algérie Télécom.
Zerrouki a expliqué que les dysfonctionnements ne proviennent pas des infrastructures locales gérées par Algérie Télécom, mais des fournisseurs d’IP Transit – les opérateurs qui acheminent le trafic international. Selon lui, un pic de trafic de 6,4 Térabits par seconde (Tbps) a été enregistré, dépassant les capacités actuelles malgré une augmentation récente à plus de 10,2 Tbps.
Tout en reconnaissant les perturbations du réseau internet, « liées aux dernières mises à jour et à l’adaptation des opérateurs au déploiement du réseau 5G », le ministre a promis une résolution « dans les prochains jours », en s’appuyant sur les engagements des fournisseurs étrangers.
Il a réaffirmé que la qualité de l’internet algérien reste « la meilleure en Afrique », citant la multiplication par sept de la bande passante internationale depuis 2020 (de 1,5 Tbps à 12 Tbps) et les projets comme MEDUSA.
Critique : des chiffres impressionnants, mais une réalité déconnectée
Si les progrès infrastructurels sont indéniables – 2,9 millions d’abonnés FTTH fin 2025 et 5G dans huit wilayas – les déclarations du ministre peinent à convaincre face à la frustration des usagers. Un pic à 6,4 Tbps, bien que significatif, représente moins de 65% de la capacité officielle, questionnant la gestion des pics et la redondance du réseau.
De plus, qualifier l’Algérie de leader africain contredit les classements indépendants : Speedtest Global Index place le pays parmi les plus lents (12 Mbps fixe, 8 Mbps mobile), loin derrière plusieurs pays selon le Speedtest Global Index (7e place africaine (78e mondial) pour le mobile, 21e place africaine (109e mondial) pour le fixe). Ces affirmations positives masquent la saturation due à la croissance explosive des abonnés et au monopole d’Algérie Télécom, sans évoquer de mesures palliatives immédiates.
Algérie Télécom : silence radio face aux réclamations clients
Aucune réponse concrète n’a été apportée aux milliers de plaintes documentées sur les réseaux sociaux, où des abonnés rapportent des débits divisés par deux malgré des forfaits premium. Algérie Télécom reste muet, se contentant de communiqués promotionnels sur des augmentations temporaires sans engagement ferme.
Zerrouki n’a pas évoqué de plan de communication client ni de compensation, laissant les usagers sans recours. Cette opacité renforce le sentiment d’incompréhension, particulièrement chez les professionnels dépendants d’une connexion stable.
Vers des solutions structurelles ?
Le ministre a évoqué des chantiers ambitieux : extension de MADEX (juin 2026), MEDUSA (2028) et fibre nationale (T2 2027). Ces perspectives sont louables, mais leur horizon lointain ne répond pas à l’urgence. Une critique constructive appelle à une transparence accrue : publication des pics de trafic en temps réel, audits indépendants et ouverture à la concurrence pour soulager Algérie Télécom.
















