Pétrole : le FMI chiffre ce que coûte vraiment un baril en baisse à l’Algérie 

Pétrole : le FMI chiffre ce que coûte vraiment un baril en baisse à l’Algérie 
Raffinerie de pétrole à Hassi Messaoud.

Quand le baril plonge, l’Algérie encaisse, mais jusqu’ici, personne ne savait exactement à quelle vitesse ni par quels canaux. Le FMI vient de combler ce vide avec un modèle inédit qui quantifie, pour la première fois, la mécanique exacte du choc pétrolier sur le dinar, le budget et les réserves de change. Un outil publié au plus mauvais moment.

Le souvenir est encore vif dans les mémoires des responsables de la Banque d’Algérie. En juin 2014, le baril de Brent frôlait les 115 dollars, les réserves de change culminaient à 194 milliards de dollars et le pays semblait avoir définitivement tourné la page de la décennie noire. Dix-huit mois plus tard, le baril avait perdu plus de la moitié de sa valeur.

En sept ans, l’Algérie allait brûler 146 milliards de dollars de réserves soit les trois quarts de son matelas financier, comme un ménage qui vide son compte épargne pour boucler ses fins de mois. Le dinar a décroché de 34 % en 2015, le déficit budgétaire s’est creusé jusqu’à 15,7 % du PIB, et la dette publique intérieure a entamé une ascension continue, frôlant 55 % du PIB en 2021. Cette séquence brutale, que la Banque mondiale et le FMI n’ont cessé de documenter depuis, a posé une question restée sans réponse précise : à quelle vitesse exactement un choc pétrolier se transmet-il à l’économie algérienne, et par quels canaux ?

Un modèle pour quantifier l’inévitable

C’est précisément à cette question que répond aujourd’hui le Fonds monétaire international. Dans un document publié en février 2026 et élaboré conjointement avec la Banque d’Algérie, le FMI présente l’AMPM (Algeria Macroeconomic Projection Model), le premier instrument analytique capable de quantifier, canal par canal, la vulnérabilité structurelle du pays aux cours mondiaux de l’énergie.

Il ne s’agit plus d’un diagnostic général sur la dépendance aux hydrocarbures , car ce constat-là, tout le monde le partage depuis des décennies. Il s’agit d’un modèle trimestriel opérationnel, désormais intégré aux outils de prévision de la Banque d’Algérie, capable de simuler l’avenir en intégrant les interactions entre politique monétaire, politique budgétaire et chocs externes.

Selon le rapport, une variation de 10 % des prix réels de l’énergie déclenche une réaction en chaîne qui traverse simultanément le secteur extractif, la balance courante, le taux de change du dinar et les dépenses publiques. En sens inverse, le mécanisme s’inverse avec la même brutalité. Seule nuance : l’effet sur l’inflation reste contenu, à 0,2 point de pourcentage au maximum, en raison du système de subventions qui isole les prix domestiques des fluctuations mondiales.

Une publication qui tombe au mauvais moment

Le moment de cette publication n’est pas anodin. Le Brent évolue depuis plusieurs mois dans une zone d’inconfort, tiraillé entre les décisions de l’OPEP+ et un marché structurellement excédentaire. L’OAPEC elle-même prédit un baril sous les 70 dollars en 2026, une prévision partagée par le FMI qui table sur 62 dollars en moyenne sur l’année. Dans ce contexte, la question que pose implicitement l’AMPM est simple : si les prix reculent de 10 % dans les prochains mois, que se passe-t-il exactement pour le dinar, pour le budget algérien, pour la croissance hors hydrocarbures ?

Une récente projection du FMI, déjà relevée par Maghreb Émergent, avertissait que les réserves de change algériennes pourraient tomber sous les 20 milliards de dollars à l’horizon 2030 en l’absence de réformes structurelles, elles ont déjà perdu plus de 20 milliards en dix mois en 2025. L’Algérie dispose maintenant d’un instrument pour mesurer sa propre fragilité.

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