Les prix du brut progressent de près de 2 % ce jeudi, portés par les tensions croissantes entre Washington et Téhéran. La perspective d’une action militaire américaine contre la République islamique ravive les craintes d’une rupture d’approvisionnement au Moyen-Orient.
Les marchés pétroliers n’en finissent plus de grimper. Ce jeudi 29 janvier, les cours du brut affichaient une hausse de près de 2 %, signant une troisième séance consécutive dans le vert. À 6 h 40 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeait à 69,70 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain atteignait 64,43 dollars, des niveaux plus observés depuis fin septembre.
Depuis lundi, les deux références mondiales ont engrangé quelque 5 % de gains. Un rebond alimenté par un cocktail de facteurs géopolitiques et climatiques qui rappelle aux opérateurs la fragilité de l’équilibre entre offre et demande.
Washington accentue la pression sur Téhéran
Au cœur des inquiétudes, l’escalade verbale entre les États-Unis et l’Iran. Le président Donald Trump multiplie les mises en garde à l’encontre de la République islamique, exigeant l’abandon de son programme nucléaire et brandissant la menace de frappes militaires. Le déploiement d’un groupe aéronaval américain dans la région n’a fait qu’amplifier la nervosité des marchés.
L’Iran n’est pas un acteur marginal sur l’échiquier pétrolier. Quatrième producteur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), le pays pompe 3,2 millions de barils par jour, selon les données de la plateforme Energy Institute basée à Washington. Toute perturbation de cette production, ou du transit par le détroit d’Ormuz -goulot d’étranglement par lequel transite un cinquième du pétrole mondial- aurait des répercussions immédiates sur les cours.
Une tempête hivernale perturbe la production américaine
Aux tensions géopolitiques s’ajoutent des aléas climatiques. Une violente tempête hivernale a frappé la côte du golfe du Mexique durant le week-end, contraignant les producteurs américains à réduire leur activité. Les pertes ont atteint jusqu’à deux millions de barils quotidiens, soit près de 15 % de la production nationale. Plusieurs raffineries ont également été affectées.
Ce double choc d’offre intervient alors que les fondamentaux du marché demeurent tendus. Mercredi, les cours avaient déjà progressé de 1,5 %, le Brent gagnant 1,23 % et le WTI 1,31 %.
Pour les analystes, la prime de risque géopolitique, longtemps restée contenue, fait son retour sur un marché qui avait appris à relativiser les tensions au Moyen-Orient. La question est désormais de savoir si cette hausse traduit une réévaluation durable des risques ou une simple poussée de fièvre passagère.
















