Les prix du brut ont perdu près de 1,5 % ce lundi 23 février, effaçant une partie des gains engrangés la semaine passée. En cause, le retour en force des tensions commerciales et une détente inattendue sur le dossier iranien.
Le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeait à 70,83 dollars ce matin, en repli de 1,30 %, tandis que le WTI américain cédait 1,37 % pour tomber à 65,56 dollars. Un mouvement de correction qui intervient après une semaine particulièrement faste pour l’or noir : les deux références mondiales avaient en effet bondi de respectivement 5,9 % et 5,5 % sur les cinq dernières séances, portées par les craintes d’un embrasement militaire entre Washington et Téhéran.
Trump rallume l’incendie commercial
Ce lundi matin, c’est une tout autre menace qui plombe les marchés : celle des droits de douane. Samedi, Donald Trump a annoncé son intention de relever les tarifs douaniers temporaires de 10 % à 15 % sur l’ensemble des importations américaines,le plafond autorisé par la loi, après que la Cour suprême a invalidé son précédent dispositif.
L’annonce a immédiatement semé le doute sur les perspectives de croissance mondiale et, par ricochet, sur la demande future en hydrocarbures. « Les nouvelles sur les droits de douane intervenues pendant le week-end ont déclenché ce matin des flux d’aversion au risque, visibles sur l’or comme sur les futures des actions américaines, et cela se répercute mécaniquement sur les prix du brut », analyse Tony Sycamore, stratégiste chez IG Markets.
Pékin, premier importateur mondial de pétrole, a réagi avec prudence, annonçant conduire « une évaluation complète » de la décision de la Cour suprême américaine, tout en appelant Washington à lever ses « mesures tarifaires unilatérales ».
L’Iran négocie, la prime de risque se dégonfle
L’autre facteur qui pèse sur les cours tient, paradoxalement, à une bonne nouvelle géopolitique. Le ministre des Affaires étrangères omanais, Badr al-Busaidi, a confirmé dimanche qu’une troisième round de négociations nucléaires entre l’Iran et les États-Unis se tiendrait jeudi prochain à Genève. Téhéran a par ailleurs signalé sa disposition à consentir des concessions sur son programme nucléaire, en échange d’une levée des sanctions et de la reconnaissance de son droit à l’enrichissement de l’uranium.
Cette perspective d’un dialogue apaise les craintes d’une rupture d’approvisionnement liée à un éventuel conflit armé dans le Golfe, faisant mécaniquement refluer la prime de risque intégrée dans les cours la semaine dernière.
Les marchés pétroliers se retrouvent ainsi pris en étau entre deux logiques contradictoires : d’un côté, des tensions commerciales qui menacent la croissance et donc la demande ; de l’autre, une désescalade diplomatique qui réduit les risques sur l’offre. Un équilibre fragile, appelé à évoluer au rythme des annonces de la Maison-Blanche et des négociations de Genève.
















