Défaite (0-2) face au Nigéria ce samedi, en quart de finale de la Coupe d’Afrique, l’Algérie quitte prématurément la compétition, au terme d’un match qui aura agi comme un brutal rappel à la réalité. Pour la première fois depuis la reprise en main de l’équipe nationale par Vladimir Petković, les Verts ont été confrontés à un adversaire véritablement coriace, capable de répondre dans tous les compartiments du jeu. Et ils n’ont pas tenu.
L’équipe algérienne est tombée sur une formation redoutable physiquement, impressionnante dans les duels, agressive à la récupération et particulièrement efficace dans les transitions rapides. Un profil qui a posé d’énormes difficultés à une sélection algérienne qui, de surcroît, semblait physiquement lessivée, notamment après le match éprouvant livré face au Congo. Les Verts ont souvent paru en retard dans les duels, incapables de répéter les efforts et de maintenir l’intensité sur la durée.
Entre blessures, fatigue et arbitrage contesté
De tous les matchs disputés sous l’ère Petković, celui-ci est sans doute le plus faible livré par l’EN. Les insuffisances ont été nombreuses et visibles : erreurs défensives à répétition, manque de coordination dans l’arrière-garde, déchets excessifs dans les transmissions et une animation offensive quasi inexistante. Les occasions franches ont été rares, trop rares pour espérer inverser le cours d’une rencontre mal engagée.
Il est vrai que l’Algérie abordait ce rendez-vous décisif avec un effectif amoindri, plombé par une cascade de blessures qui a réduit les options du sélectionneur et fragilisé l’équilibre de l’équipe. Mais les circonstances, à elles seules, ne suffisent pas à expliquer l’ampleur de la contre-performance.
L’arbitrage a également pesé sur le scénario de la rencontre. Un pénalty évident non sifflé, une gestion des fautes contestable et une multiplication de cartons distribués aux joueurs algériens ont contribué à tendre davantage une équipe déjà sous pression. Sans sombrer dans la polémique excessive, certaines décisions ont clairement influencé le rythme et l’issue du match.
Cette élimination a enfin une portée symbolique : elle prive l’Algérie d’un éventuel affrontement face au Maroc, un choc qui aurait dépassé le cadre purement sportif. Dans le contexte régional et politique actuel, cette confrontation aurait inévitablement été chargée d’enjeux extrasportifs susceptibles d’influencer la perception et le déroulement de la rencontre.
L’Algérie quitte donc la CAN sans avoir su franchir le premier véritable test de haut niveau depuis l’arrivée de Petković. Ce revers marque un coup d’arrêt et met en lumière les limites de l’équipe face à des adversaires solides, organisés et athlétiques. Pour le sélectionneur et ses joueurs, la remise en question s’impose. Cette élimination, aussi douloureuse soit-elle, pourrait néanmoins servir de point de départ à un travail plus profond et nécessaire. D’autant que le talent et la relève ne manquent pas au sein de l’équipe.

















