Pourquoi Alger n’a pas à redouter un vote de Nopec, la loi américaine anti-Opep

Pourquoi Alger n’a pas à redouter un vote de Nopec, la loi américaine anti-Opep
Réunion virtuelle de l’OPEP+ prévue dimanche : le cartel doit acter une légère hausse en décembre avant un gel début 2026. (DR)

Samy Injar

La décision de l’OPEP et de ses alliés de réduire la production de brut de 2 millions de baril-jour peut-elle vraiment entrainer des représailles américaines ? 

La législation américaine Nopec revient régulièrement au-devant de la scène depuis 30 ans. Le projet de loi transpartisan Nopec – pour No Oil Producing and Exporting Cartels – a fini par passer à la chambre basse du congrès en mai dernier. Un pointage effectué par Reuters à Washington en fin de semaine dernière considère que les 60 voix nécessaires pour son adoption sont disponibles cette fois au sénat. La colère gronde en effet dans la capitale fédérale ou l’approche des élections de mi-mandat rendent la remontée des prix à la pompe problématique pour le président Biden. Elle cible la  « traitresse » convergence de l’Arabie Saoudite avec les autres membres de l’OPEP et finalement avec la Russie pour privilégier les cours du brut et donc « soutenir l’effort de guerre de Moscou » comme s’étranglent à le répéter plusieurs élus américains .  Il manque toutefois bien des conditions pour la mise en œuvre de la NOPEC si elle venait à être adoptée et signée par le président Biden, ce qui n’est pas encore acquis. Une loi anti-trust  est difficilement opposable à un pays étranger. Elle peut entrainer des mesures en retour, l’Arabie Saoudite a, par exemple, déjà menacé en 2019 de vendre son pétrole dans une autre devise que le dollar si elle venait à être la cible d’une telle loi aux Etats Unis. Washington intervient également sur le marché d’une manière qui pourrait être contestée par les pays producteurs.  165 millions de barils ont été déstockés des réserves stratégiques depuis mai dernier pour faire face à l’incidence du recul de l’offre russe de pétrole. Les autres membres de l’OPEP se sont abstenus de réagir durant ces dernières années ou la pression en faveur de l’adoption de NOPEC  a grandi aux Etats Unis. 

L’Algérie sous le radar

L’Algérie par exemple,  a légitimement  raison de ne pas se sentir menacée par d’éventuelles  mesures américaines contre le pétrole de l’OPEP. Petit producteur, qui peine à remplir son quota de production et qui se maintient autour du million de baril jour en capacité,  Alger peut arguer, comme plusieurs autres pays membres de l’OPEP, que son influence sur l’approvisionnement du marché mondial ou sur le soutien des cours demeure marginale lorsque les grands producteurs décident un mouvement dans un sens ou dans l’autre. La décision, mercredi dernier, de l’OPEP et de ses partenaires, dont la Russie, de réduire non pas d’un million de baril par jour comme pressenti les jours précédents, mais de deux millions a surpris les capitales occidentales. Elle repose sur une anticipation d’un fort ralentissement de l’économie mondiale au dernier trimestre de l’année puis au moins pendant le premier semestre 2023. Elle intègre également le retour du pétrole de schiste américain redevenu largement rentable depuis un an et conforté par la guerre en Ukraine. Le rythme s’est accéléré aux Etats Unis de la réouverture des puits de production de liquide schisteux fermés durant les deux séquences dépressives des cours de 2016 et de 2020 (Covid).  Les pays de l’OPEP peuvent encore observés avec un relatif détachement les gesticulations des parlementaires américains qui  ciblent leur cartel. En effet, la législation NOPEC est toujours combattu par le puissant lobby de l’industrie pétrolière américaine ( API ) favorable au maintien de cours rémunérateurs afin de soutenir l’activité du non conventionnel qui a fait des Etats Unis le premier producteur mondial d’hydrocarbures les dix dernières années.  Une fois n’est pas coutume, le lobby des écologistes pressent dans le même sens pour des raisons bien sur différentes. Les sanctions anti OPEP supposées contribuer à faire baisser les cours du brut retarderaient la sortie du carbone par la transition énergétique vers le renouvelable et la mobilité électrique. Une production de brut régulée par l’OPEP et ses partenaires serait un allié de l’environnement, en maintenant des cours du pétrole élevés et en rendant concurrentielles  les énergies alternatives.    

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