Selon le dernier rapport de l’autorité portuaire, les flux de marchandises à Alger racontent une réalité économique plus nuancée que les discours officiels. Entre juillet et septembre 2025, le volume manutentionné a atteint 2,4 millions de tonnes, contre 2 millions un an plus tôt, signe d’une activité portuaire en nette accélération. L’institution souligne que « le port a continué d’enregistrer des résultats positifs (…) malgré les changements intervenus dans les procédures relatives aux opérations d’importation ».
Autrement dit, la dynamique commerciale se maintient alors même que les autorités cherchent à ralentir et contrôler les achats extérieurs via de nouvelles règles administratives. Cette contradiction apparente place les chiffres portuaires au cœur du débat économique.
Importations : une progression malgré le tour de vis administratif
Le rapport indique clairement que « cette évolution a concerné à la fois les activités d’importation et d’exportation », avec une hausse des importations de 12,07 %. Cette progression intervient pourtant après l’entrée en vigueur, en juillet 2025, de l’obligation de déposer des programmes prévisionnels d’importation, une mesure portée par le ministère dirigé par Kamel Rezig pour mieux encadrer les flux entrants.
Sur le terrain, les opérateurs semblent avoir ajusté leurs stratégies plutôt que réduit leurs volumes. Les données suggèrent que la demande intérieure, notamment en biens intermédiaires et équipements, reste suffisamment forte pour absorber les contraintes réglementaires.
Le port précise ainsi que ses résultats reflètent « l’amélioration constante de son niveau de performance et d’activité », preuve que la logistique suit le rythme.
Exportations : un bond tiré par le hors-hydrocarbures
Le volet export n’est pas en reste. Le document fait état d’une hausse marquée de 56,29 %, un chiffre qui traduit un regain d’activité commerciale sortante. Plus révélateur encore, les marchandises hors carburants, qui représentent 66 % du trafic total, ont progressé de 8,57 %.
Cette évolution confirme que la diversification des exportations, objectif affiché par le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, commence à produire des effets mesurables, même si le volume global reste encore largement dépendant des produits énergétiques à l’échelle nationale.
Au final, les statistiques portuaires montrent un paradoxe économique : alors que les politiques publiques cherchent à réduire les importations, les flux continuent d’augmenter. Ce décalage illustre surtout une réalité structurelle, celle d’une économie encore fortement dépendante des approvisionnements extérieurs, et rappelle que la régulation administrative ne suffit pas, à elle seule, à inverser les tendances du commerce réel.
















