Procès de l’affaire Khalifa : Quand le père Chachoua contredit la version de ses fils

Procès de l’affaire Khalifa : Quand le père Chachoua contredit la version de ses fils

 Badreddine Chachoua, poursuivi pour  abus de confiance, constitution de groupe de malfaiteurs, dilapidation de l’agent public et vol faisait des affaires à l’insu de son patron, selon le juge. Il nie tout comme ses frères avant lui. Appelé à la barre, le père Chachoua jette  le discrédit sur ses fils qui ont nié tout rapport entre leur possession et leur rôle de sécurité au sein du groupe Al Khalifa.

 

Balbutiements, hésitations et confusions. Le deuxième des frères Chachoua, Badreddine, ancien directeur de la planification et commercialisation au sein de la Banque Al Khalifa, appelé à la barre dans l’après midi,  poursuit dans la même lancée que son  frère : négation des chefs d’inculpation qui lui sont reprochés. Il est poursuivi pour  abus de confiance, constitution de groupe de malfaiteurs, dilapidation de l’agent public et vol notamment.  Le juge du tribunal criminel près la Cour de Blida Antar Menouar lui exhibe des documents sur les acquisitions de voitures de luxes et biens mobiliers pour lui, ses parents, ses proches et ses collaborateurs. Le ministère public l’interroge également sur l’achat d’une villa à Ben Aknoun près de l’ambassade du Canada pour sa mère dont les actes de propriété se trouvaient chez lui lors de la première perquisition des services de renseignement en 2003  ainsi que l’acte de location de cette dernière pour le personnel d’une institution européenne, et  des preuves sur son compte bancaire au Crédit Lyonnais où il plaçait ses fonds pour l’acquisition de biens immobiliers en France. D’après les questions du juge Antar Menouar et du procureur de la République, la plupart de ces achats ont été faits à l’insu de Abdelmoumene Khalifa, ce qui lui vaut la poursuite pour abus de confiance. Badreddine Chachoua à propos de la villa de Ben Aknoun, affirme que sa mère l’a acquise par son propre argent hérité de la vente de terrains de sa famille à Bejaia et qu’il ignore combien elle a été payée, bien que l’acte d’achat soit inscrit à son nom. Il tente avec une extrême difficulté de nier  la possession d’un compte au Crédit Lyonnais ainsi que les achats démesurés, notamment celui de sa villa à El Achour qui dit avoir payée avec l’aide de son père, un simple commerçant ambulant de confiseries !  Pour la dilapidation de l’argent public, le juge évoque devant les frères Chachoua, la facture de 56 milliards de centimes de dépenses à l’hôtel Sheraton. Badreddine Chachoua dit qu’il n’a séjourné au Sheraton que pour 3 nuitées lorsqu’il était débordé  de travail.

Le couffin de ramadhan

Les avocats des parties civiles  l’interpellent ensuite sur le programme du couffin de ramadhan prévu pour la bagatelle de 25 milliards de centimes. Combien été évalué un couffin de ramadhan, interroge un avocat. Badreddine : «  Entre 12000 et 15000 DA ». Et de quoi était-il composé ?  « De sucre, café, huile, tomate en conserve et sel », répond l’accusé au grand étonnement et ricanement  de la salle. En effet, des 25 milliards de centimes de budget pour ce couffin de Ramadhan destiné au plus nécessiteux, on a trouvé que les traces de 10 milliards de centimes. Les 15 milliards restant sont perdus à jamais. Badreddine Chachoua n’aura jamais pu apporter des réponses sur cette « disparition ». Avant de laisser sa place à son père pour répondre aux questions des magistrats, Badreddine Chaachoua demande au juge de ne pas assister à la comparution de son père. Antar Menouar accepte.

Ahmed Chachoua contredit ses fils

D’une mémoire défaillante, Ahmed Chachoua, père de cinq enfants, tous anciens employés du groupe Khalifa, commence son audition par préciser le lien familial entre sa famille et celle de Khalifa. «  Nous sommes des proches de la mère  de Abdelmoumene Khalifa la défunte Kebbach Farida ». Ses fils affirmaient  quelques heures plus tôt n’avoir connu Abdelmoumene que lorsqu’ils ont commencé à travailler pour lui.  Agé de 80 ans, cet ancien officier de police entre 1962 et 1988, poursuivi pour abus de confiance, vol et triche, était chargé de la sécurité de toute la région de Blida. Cet homme qui a partagé la cellule de la prison de Lambèse avec le père de Khalifa- Laaroussi-, dit que Abdelmoumene l’ « a supplié » pour qu’il travaille pour lui, car il possède des armes, il est connu dans le secteur de la sécurité et dans toute la wilaya de Blida. Des révélations qui ont ébauché un sourire sur le visage de Abdelmoumene recroquevillé au coin du banc des accusés. Ahmed Chachoua très drôle et interactif avec le juge Antar Menouar, jette ainsi le discrédit sur ses fils qui ont nié tout rapport entre leur possession et leur rôle de sécurité au sein du groupe Al Khalifa. Il va même révéler  qu’il n’a jamais eu de permission pour la possession des armes et  des grenades. Sur les chèques postaux et bancaires retrouvés chez lui de plusieurs personnalités notamment ceux de l’homme d’affaire Mehieddine Tahkout, après la fuite de Abdelmoumene Khalifa en 2003, Ahmed Chachoua dit tout ignorer du sujet.

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