Production d’or 2025 : l’Afrique capte près de 30% de l’offre mondiale et devance l’Asie 

Production d’or 2025 : l’Afrique capte près de 30% de l’offre mondiale et devance l’Asie 
L'Afrique, continent le plus riche en réserves aurifères, concentre ses principaux gisements en Afrique de l'Ouest et en Afrique australe. En jaune, les zones de production ; en orange foncé, les réserves identifiées. © World Gold Council

Avec un peu plus de 1 050 tonnes extraites en 2025, l’Afrique s’impose comme la première région aurifère de la planète, devant l’Asie et l’Amérique. Une domination inédite, portée par l’Afrique de l’Ouest, qui redistribue les cartes de l’économie minière mondiale.

Selon les dernières données du World Gold Council, l’Afrique a fourni en 2025 près de 30% de la production minière mondiale d’or, dans un marché qui a atteint un record d’environ 3 672 tonnes. Le continent devance nettement l’Asie, toujours tirée par la Chine qui est premier producteur mondial avec environ 370 tonnes et par l’Indonésie, mais dont le poids régional reste inférieur à celui de l’Afrique dans l’approvisionnement en métal jaune. À l’échelle des grandes régions productrices, aucune autre zone ne pèse autant que l’Afrique dans la nouvelle géographie mondiale de l’or.

Ce résultat consacre une montée en puissance progressive qui doit beaucoup à l’Afrique de l’Ouest. Le Ghana, avec 170 tonnes en 2025, consolide son statut de premier producteur continental, devant le Mali et l’Afrique du Sud, dont la production tourne autour de la barre symbolique des 100 tonnes. Un classement qui aurait semblé improbable il y a trente ans : en 1970, l’Afrique du Sud produisait à elle seule près de 1 000 tonnes, soit les deux tiers de l’or mondial.

Le déclin d’un géant, l’essor d’une région 

La chute de l’Afrique du Sud est le revers de cette success story continentale. Ses mines, parmi les plus profondes au monde, souffrent de coûts d’exploitation prohibitifs, de teneurs en baisse et de conflits sociaux récurrents. Johannesburg, jadis baptisée eGoli (la ville de l’or) ne produit plus aujourd’hui qu’une fraction de sa gloire passée, laissant la tête du classement à un front ouest-africain plus compétitif.

C’est l’Afrique de l’Ouest qui a comblé ce vide. Ghana, Mali, Côte d’Ivoire, Burkina Faso : ces pays ont attiré en deux décennies des majors minières comme Barrick Gold, Newmont ou AngloGold Ashanti, transformant leurs sous-sols en actifs stratégiques pour les portefeuilles des grands groupes. Au Ghana, l’or représente plus de 40% des recettes d’exportation et la production a atteint 6 millions d’onces en 2025, dont plus de la moitié issue de l’artisanal et du petit‑échelle désormais mieux encadrés.

Un contexte de prix historiques 

Cette domination africaine s’inscrit dans un cycle haussier exceptionnel. En 2025, le cours de l’or a battu plus de cinquante records annuels et s’est maintenu à des niveaux historiquement élevés, porté par la demande des banques centrales qui cherchent à réduire leur exposition au dollar et par des tensions géopolitiques persistantes. Dans ce contexte, les pays producteurs bénéficient d’une rente considérable, à condition de parvenir à en capter la valeur ajoutée plutôt que d’exporter le métal brut ou le doré sans transformation locale.

C’est précisément le pari que tente le Ghana avec le renforcement de ses mécanismes publics d’achat d’or artisanal et la réforme annoncée de la fiscalité aurifère, qui introduit une redevance évolutive en fonction des prix pour rapatrier davantage de revenus dans l’économie nationale. En généralisant la centralisation des flux d’or artisanal, en limitant le rôle des négociants étrangers et en imposant le passage par des comptoirs nationaux, Accra espère réduire la contrebande, accroître ses réserves et financer sa transition budgétaire.

Et l’Algérie dans ce tableau ?

Dans ce nouveau paysage aurifère, l’Algérie reste un acteur de second plan, mais en phase d’éveil. La production officielle demeure modeste – elle est de l’ordre de quelques centaines de kilos par an, soit loin des grands producteurs d’Afrique de l’Ouest. Depuis le début de l’exploitation en 2001, l’ENOR n’a extrait qu’environ 400 kilogrammes d’or pur en trois ans de relance artisanale, un bilan qui illustre à la fois le potentiel géologique du pays et les freins structurels qui en limitent la valorisation.

Le sous-sol saharien n’est pourtant pas avare. Les mines de Tirek et Amesmessa, dans la wilaya de Tamanrasset, recèlent à elles seules plus de 60 tonnes d’or pur selon les dernières estimations de Sonarem, groupe minier public qui prépare leur relance après plus d’une décennie d’arrêt, marquée par un contentieux financier avec l’opérateur australien GMA et l’usage contesté de la lixiviation au cyanure. Les autorités ont par ailleurs identifié plus de 90 nouveaux sites d’orpaillage artisanal dans les wilayas de Tamanrasset, In Guezzam et Tindouf, et l’Agence nationale des activités minières (ANAM) a délivré 222 permis à des micro-entreprises dont la production est acheminée vers l’usine d’Amesmessa pour traitement.

Le défi reste celui de la formalisation. L’orpaillage clandestin prospère depuis des années dans le Hoggar, alimenté par des dizaines d’orpailleurs subsahariens opérant dans les zones les plus reculées entre In Guezzam et Djanet, au nez et à la barbe des ingénieurs de la police des mines. Alger regarde avec intérêt le modèle ghanaéen du GoldBod — cette agence d’État qui a su, en moins d’un an, canaliser 100 tonnes d’or artisanal vers les circuits officiels — même si le chemin reste long pour ériger une filière comparable dans les confins du Hoggar.

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