La situation est préoccupante au Centre de lutte contre le cancer de Draâ Ben Khedda, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Le service de radiothérapie, essentiel pour les patients atteints de cancer, est actuellement à l’arrêt. Selon la cheffe de service, Benzidane Kahina, un blocage administratif lié à l’importation d’une pièce technique indispensable à la réparation des équipements en est la cause. Résultat : des patients restent dans l’attente d’un traitement qui ne vient pas.
Un centre anticancer régional sous pression
Ouvert récemment pour désengorger les grands hôpitaux du pays, le centre anticancer de DBK accueille des patients venus de plusieurs wilayas. L’établissement s’est rapidement imposé comme un pôle médical stratégique dans la région, mais cette montée en charge a aussi révélé ses limites techniques.
Lors d’une rencontre avec la société civile et les responsables de l’établissement, des voix se sont élevées pour dénoncer la situation. Certains intervenants ont décrit des malades « qui attendent leur tour de radiothérapie comme on attend un verdict », faute d’équipements fonctionnels. Face à ces inquiétudes, la direction a assuré que « tout est mis en œuvre » pour remettre le service en marche, tout en reconnaissant que le blocage dépasse le cadre local.
« Le problème n’est pas au niveau de la santé »
Répondant aux critiques, la cheffe de service de radiothérapie a tenu à clarifier : « Le problème de la radiothérapie est lié à l’importation de pièces. Le contrat a été signé, les procédures pour la réparation sont en cours, l’ingénieur est sur place pour intervenir, mais le problème se situe au niveau du ministère du Commerce et du PPI, puisque nous n’arrivons pas à faire entrer les pièces nécessaires. »
Elle insiste : « Ce problème n’est pas au niveau du ministère de la Santé. » Selon elle, les équipes médicales sont prêtes et les procédures techniques engagées, mais l’importation des pièces reste bloquée.
La praticienne décrit également la pression quotidienne : « On reçoit des patients de partout et nous n’avons pas le droit de refuser quelqu’un. Il a le droit de se faire soigner là où il le souhaite. » Une situation qui place le personnel face à un dilemme moral : « On ne peut pas rejeter les patients, mais malheureusement, nous ne parvenons pas à satisfaire tout le monde. »
Le PPI au cœur du blocage
Au centre de la crise se trouve le système de procédures d’importation (PPI), accusé de ralentir l’arrivée de matériel médical urgent. Pour les médecins, ces formalités administratives deviennent un obstacle direct aux soins.
La cheffe de service lance ainsi un appel public : « Puisque vous êtes là, je veux que vous alliez frapper avec nous pour obtenir d’autres accélérateurs au niveau de la wilaya. » Derrière cette déclaration, le message est clair : sans équipements supplémentaires et sans facilitation des importations, le service restera fragile, voire paralysé.
Au-delà d’un simple incident technique, l’affaire révèle une tension structurelle entre régulation commerciale et urgence sanitaire. Dans une logique économique nationale, les contrôles sont justifiés. Mais dans un contexte hospitalier, chaque jour de retard peut coûter cher, parfois même une chance de survie.
















